Quelles mesures faut-il adopter pour rendre l’assurance agricole opérationnelle? Comment arriver à la rendre adoptive et accessible aux agriculteurs? Ce sont autant de questions auxquelles différents acteurs œuvrant dans le développement agricole, ainsi que ceux du secteur financier, sont invités à réfléchir. Pour leur permettre de mieux appréhender le sujet, les résultats d’une étude sur l’état des lieux sur le système existant leur ont été présentés au cours d’un atelier le vendredi 28 février. Y ont participé le ministère de l’Agriculture de l’élevage, le secrétariat d’Etat en charge de la souveraineté alimentaire, le Fonds de développement agricole (FDA), la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’Agence française de développement, AfricaRice, le Programme alimentaire mondial (PAM), African Risk Capacity (ARC), des entreprises de microfinance et des compagnies d’assurance.
Le rapport de l’étude sur les forces et les faiblesses de l’assurance agricole à Madagascar a ainsi été restitué durant l’atelier. Luc Kafando, consultant principal agricole et industriel qui a travaillé sur le sujet avec la PARM, a notamment soulevé le coût élevé des primes et la fragilité du modèle économique. « Les primes d’assurance sont jugées trop élevées pour les petits producteurs, même avec des subventions partielles », a-t-il rapporté, ajoutant que « l’assurance agricole reste déficitaire à Madagascar ».
Le faible accès aux services financiers et le manque de sensibilisation des agriculteurs constituent également des paramètres à prendre en compte, a estimé le consultant. Il a notamment relevé un faible taux de bancarisation (10%) en milieu rural. Ce qui limite l’accès des agriculteurs à l’assurance Agricole. Pourtant, comme l’a rappelé Jean-Claude Bidogeza, expert technique de la PARM, l’assurance est « un levier important pour protéger les petits agriculteurs et pour sécuriser les investissements ».
L’étude a permis d’élaborer une feuille de route pour le développement de l’assurance agricole. Celle-ci a été soumise à l’analyse des participants afin d’émettre des recommandations pour la mise en place d’un système accessible aux agriculteurs. L’objectif final est de « bâtir un cadre institutionnel réglementaire opérationnel pour une assurance agricole qui soit inclusive, accessible et durable ». Comme l’a souligné Hervé Patrick Radavidson, coordonnateur général des projets et partenariats au ministère de l’Agriculture et de l’élevage, l’assurance agricole est un « outil important pour gérer les risques agricoles ».
A Madagascar, l’agriculture est fortement menacée par divers risques, notamment les risques climatiques tels que les cyclones, les fortes pluies, la sécheresse, les inondations ou encore les invasions acridiennes. Autant d’aléas qui affectent la production agricole, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés, a évoqué Jean-Claude Bidogeza. Il a estimé que les échanges qui ont eu lieu vendredi constituent « une étape importante dans l’engagement collectif du gouvernement et de ses partenaires pour renforcer la résilience agricole face aux risques climatiques et économiques ».
