La rentabilité actuelle de la majorité des entreprises ne permet pas de couvrir le coût du crédit. Avec des taux d’intérêt débiteurs, dépassant en moyenne 18 %, se pose la question de la viabilité des investissements. Pour le ministre de l’Économie et des finances, Herinjatovo Ramiarison, les secteurs capables de dégager un taux de rentabilité suffisant pour couvrir un tel coût du capital sont rares. Cette analyse a été livrée vendredi dernier, alors que ce membre du Gouvernement s’exprimait sur les enjeux de la suppression de la TVA sur les intérêts bancaires.
Le coût du crédit aux entreprises atteint ainsi un seuil critique, avec des taux d’intérêt débiteurs s’élevant en moyenne à plus de 18%. Le ministre Herinjatovo Ramiarison estime que ce niveau de coût du capital dépasse largement la capacité de rendement des secteurs productifs, rendant l’investissement quasi prohibitif. Il soutient que si les activités spéculatives ou commerciales peuvent s’en accommoder, les secteurs productifs, tels que l’agriculture ou l’industrie, se heurtent à une réalité économique où les rendements excèdent rarement 5 % à 7 %.
Dans ces conditions, l’application d’une taxe supplémentaire de 20 % sur les intérêts s’apparente à une barrière infranchissable pour l’investissement. Le contexte macroéconomique a d’ailleurs radicalement évolué depuis la conception initiale de cette taxe, explique le Grand argentier. Si une telle mesure pouvait être envisagée lorsque le taux directeur stagnait autour de 5 %, elle devient contre-productive alors que la Banque Centrale, engagée dans une lutte rigoureuse contre l’inflation, a relevé ce taux à 12 %, note-t-il.
Herinjatovo Ramiarison admet néanmoins que ce resserrement monétaire décidé par la Banque centrale est nécessaire pour la stabilité des prix. Toutefois, il renchérit mécaniquement le crédit pour le secteur privé. Aussi, superposer une pression fiscale accrue à une politique monétaire déjà restrictive risque de créer un environnement hostile à toute stratégie d’industrialisation ou de production nationale.
La suppression de la TVA sur les intérêts bancaires, une mesure actuellement suspendue en raison de son caractère insoutenable pour le tissu entrepreneurial, est déjà envisagée par le ministère de l’Économie et des finances. Mais la décision finale repose sur la validation du Parlement.
Le Gouverneur de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM), Aivo Andrianarivelo avait d’ailleurs accueilli favorablement cette annonce faite par le ministère des Finances, en confirmant que l’application de la TVA sur les intérêts renchérissait de manière excessive le coût du crédit. Toutefois, il souligne que la levée de ce verrou fiscal n’est qu’une étape. Pour véritablement stimuler l’octroi de crédits et soutenir les entreprises performantes, un chantier de simplification doit être ouvert sur la formalisation des garanties. Les frais d’enregistrement des dossiers de sûreté représentent par exemple aujourd’hui un coût transactionnel prohibitif pour les bénéficiaires.
