ADMINISTRATION – Une « trésorerie principale » à mettre en place pour régler les problèmes de comptabilité des projets à financement externe

Un seul organe s’occupera désormais de tous les projets à financement externe. L’objectif est d’éviter les « difficultés de régularisation comptable ». Le Conseil des ministres du 11 janvier vient ainsi d’officialiser la création d’une « trésorerie principale chargée des projets fonctionnant sur financement extérieur ». Cette nouvelle disposition « concerne aussi bien les emprunts et les dons que les subventions”, indique le compte-rendu de la réunion hebdomadaire de l’Exécutif.
Pour la mise en œuvre de cette décision, la nouvelle structure, rattachée au ministère de l’Economie et des finances (MEF), se charge désormais de toutes « les opérations de recettes et de dépenses des projets inscrits au budget de l’État et financés sur des fonds extérieurs, de la signature conjointe du compte ouvert à la Banque Centrale, de la tenue de la comptabilité en rapport avec le projet à financement externe ainsi que de l’établissement du compte de gestion au niveau de la Cour de comptes ».
Cette nouvelle disposition pourrait avoir des impacts sur les procédures de décaissement. Des sources affichent déjà leurs inquiétudes sur une éventuelle difficulté par rapport aux changements apportés par cette mesure, surtout par rapport à la lenteur administrative. “Le fait qu’une seule institution s’occupe des finances de tous les projets pose des problèmes de logistique. Chaque bailleur ayant sa spécificité procédurale », confie un technicien dans un projet financé par un bailleur traditionnel.
La décision intervient une semaine après l’annonce par le Conseil des ministres de l’existence de dépenses inéligibles sur des projets financés par l’Unicef et dont celui-ci réclame le remboursement. Deux semaines plus tôt, le gouvernement a également soulevé des suspicions de détournement de fonds au sein du Comité national de lutte contre le Sida (CNLS) et une réclamation de remboursement par le Fonds mondial de lutte contre la tuberculose, le paludisme et le Sida. Les responsables de cette entité ont néanmoins évoqué des dépenses inéligibles et sans pièces justificatives.