Le ministre malien de la Défense, le Colonel Sadio Camara, a été tué dans l’attaque menée samedi par la branche sahélienne d’Al-Qaïda contre sa résidence. « Dans l’attaque de Kati, le ministre (Sadio) Camara a été tué ainsi que sa seconde femme (…) », confirme l’AFP un membre de sa famille. « Nous avons perdu un être très cher, le ministre de la Défense. Il est tombé sur le champ d’honneur », confie à l’AFP une source gouvernementale, confirmée par d’autres sources militaires.
Dans un communiqué diffusé samedi soir, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda), déclare assumer « la responsabilité » des assauts de samedi. Ceux-ci ont notamment visé « le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako et « les sites militaires dans la ville de Kati », rapporte-t-il.
Alliance
Ce groupe qui lutte depuis des années contre les militaires au pouvoir à Bamako, a proclamé la « victoire » à la suite de ces attaques. Il évoque “le fruit d’un travail acharné », une coordination avec ses « partenaires » et « grâce à la participation active de nos frères » de la rébellion touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Dès l’aube samedi, des combats ont opposé l’armée et les assaillants et se sont poursuivis intensément dans l’après-midi en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes du pays, dont Kati, fief de la junte près de Bamako, mais aussi à Kidal (nord), Gao (nord) et Sévaré (centre). Ils ont fait 16 blessés civils et militaires et des « dégâts matériels limités », a indiqué le gouvernement dans un communiqué samedi soir. Les combats se sont poursuivis près de la capitale et dans le nord du pays sahélien dimanche.
Crise sécuritaire
Le général Assimi Goïta, chef de la junte, n’a pas été vu ni n’a pris la parole depuis le début des hostilités. Une source sécuritaire malienne indique à l’AFP qu’il « a été exfiltré de Kati dans la journée de samedi et se trouve en lieu sûr ». Mais plusieurs observateurs s’étonnent de son silence, ainsi que de celui des deux autres régimes de l’Alliance des États du sahel (AES), une confédération qui, outre le Mali, regroupe le Niger et le Burkina Faso.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes. En septembre 2024, le JNIM avait revendiqué une double attaque d’une rare ampleur contre l’aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l’école de gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.
🔴 Pour ne manquer aucune actualité de Madagascar, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
