Antananarivo, 17 Novembre, 19h10 – Créer une chaîne d’approvisionnement fiable et régulière en viande bovine à Madagascar. C’est l’objectif de la convention signée samedi entre le Conseil départemental de Mayotte, l’entreprise Bonne Viande de Madagascar (Bovima) et d’autres parties prenantes comme la communauté de communes du Sud, la coopérative Uzuri Wa Dzia, l’Institut Pasteur, le ministère de l’Agriculture et de l’élevage malgache à travers sa direction des services vétérinaires, et la direction de l’agriculture, pêche, et forêt du conseil départemental Mayotte.
En signant cette coopération, le conseil départemental de Mayotte espère pouvoir “importer de la viande en circuit court de Madagascar qui est à 35-40 minutes de vol de l’île”, comme l’indique Ben Issa Ousseni, président du conseil départemental de Mayotte. Il rappelle que pour l’heure, “à Mayotte, nous importons de la viande du Brésil. Le coût revient très cher à la population de Mayotte”.
L’idée de la coopération est donc de donner à l’entreprise partenaire “les moyens de conformer aux normes européennes”. Mayotte étant un département français, les produits qui y sont envoyés doivent répondre aux exigences européennes. Cela inclut les conditions sanitaires et vétérinaires, mais aussi, comme le souligne le CEO de Bovima, Shahim Ismaël, la mise en place de “la traçabilité des produits, que cela soit sur la partie élevage et agricole que sur la viande elle-même”.
Bénéficiant du programme Interreg depuis 2018, Bovima a déjà engagé des démarches en ce sens, rappelle son CEO Shahim Ismaël. “L’entreprise est déjà certifiée Iso 9001, Iso 22000 et HACCP. Bovima est aussi certifiée halal par une agence internationale reconnue par le World Halal Council”, précise-t-il. Avec la mise en place de la traçabilité, l’entreprise entend, non seulement, répondre aux exigences de l’Union européenne, mais aussi créer “des dizaines de milliers d’emplois pour les habitants de l’Androy et de l’Anosy”, zone d’implantation de Bovima. Les exigences de la traçabilité font que les animaux abattus et transformés par Bovima soient des animaux dont l’origine est connue, et dont l’alimentation est certifiée.
La convention signée samedi entre dans le cadre du programme Interreg VI, cofinancé par l’Union européenne et qui vise à “renforcer l’insertion régionale de La Réunion et de Mayotte dans l’océan Indien et à répondre aux enjeux de co-développement des pays de la zone”. Pour le conseil départemental de Mayotte, il s’agit, entre autres, de “répondre aux défis de l’autosuffisance alimentaire de Mayotte et de réduire l’empreinte carbone de l’île qui doit importer la viande consommée par ses habitants du Brésil”. Pour Madagascar, le projet devrait permettre de “ramener la Grande île sur la cartographie des pays producteurs et exportateurs de viande”, indique Shahim Ismaël.
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