Andry Rajoelina réfute toute pression exercée sur le président du Sénat pour renoncer au poste du chef de l’Etat par intérim  

Antananarivo, 10 octobre, 20h15 – Un rejet en bloc. Andry Rajoelina, président sortant et candidat à la présidentielle certifie qu’ « il n’y a pas de pression ici », en marge du lancement de sa campagne électorale, mardi à Mahatazana, Akamasoa.

 

Le président sortant s’exprime sur les affirmations de Herimanana Razafimahefa, président du Sénat. Par deux fois en moins de 24 heures, ce dernier révèle avoir subi des pressions de la part de l’Exécutif, du moins de la part de quelques membres, pour renoncer au poste du chef de l’Etat par intérim.

 

Andry Rajoelina se dit « vraiment surpris » par la démarche du président de la Chambre haute. « Le président de la HCC [Sénat] il a fait une déclaration avec l’ensemble des sénateurs (…) Il est dans notre parti. Il y a des règles à respecter dans chaque parti politique », explique le président sortant.

 

Le candidat à la présidentielle fait le parallèle avec le remplacement de Honoré Rakotomanana par Rivo Rakotovao à la tête du Sénat. « Ca ne concerne que l’organisation interne de notre parti politique », réitère-t-il.

 

Quelques heures plus tôt, le gouvernement collégial « condamne de toute ses forces le mensonge de Monsieur Herimanana Razafimahefa, président du Sénat », dans un communiqué publié dans la matinée. Il réfute une quelconque implication de l’un de ses membres dans la renonciation du président de la Chambre haute à assumer les fonctions du chef de l’Etat par intérim.

 

Herimanana Razafimahefa a déposé une lettre auprès de la Haute cour constitutionnelle (HCC) en fin de matinée. Il affirme vouloir prendre ses responsabilités et fait part de sa « volonté à assurer les charges de chef d’Etat par intérim (…) face au danger qui guette le pays ».

 

Le collectif des candidats s’empare également de l’affaire. La lettre de renonciation « extorquée et sous la menace » du président du Sénat à assumer les fonctions du chef de l’Etat par intérim est « nulle et de nul effet », interprète-t-il dans un communiqué signé mardi matin. « Dès lors, cette décision [de la HCC de confier les fonctions du chef de l’Etat par intérim] devra être annulée et réformée », poursuit le communiqué lu par Auguste Paraina. Le collectif des candidats exige aussi l’ « ouverture d’une enquête indépendante (…) car il s’agit d’une atteinte à la sûreté de l’Etat ».