Antananarivo, 4 Août, 16h55 – Un champ d’interventions à élargir pour la conservation de la biodiversité. La Grande île se fixe comme objectif l’extension à 2,5 millions hectares de la superficie de ses aires marines protégées (AMP) d’ici 2026. C’est soit 1 million hectares d’aires protégées à créer ou à étendre, en plus des 1,5 million hectares déjà existantes, d’après ce qui a été avancé lors de la présentation des premiers résultats sur les Zones clés pour la biodiversité (KBA) de Madagascar, vendredi.
Les travaux pour l’installation de 600 000 hectares d’AMP sont déjà en cours, indique Rinah Razafindrabe, directeur général de la Gouvernance environnementale. Il esy attendu les résultats de cette étude sur les KBA pour ce qui est des 400 000 hectares d’AMP à créer ou à étendre, poursuit ce responsable.
Les résultats préliminaires de cette récente étude ont permis d’identifier de nouvelles zones clés pour la biodiversité, notamment dans le Nord-Ouest et le Grand Sud de Madagascar. Ces régions sont désormais des KBA en raison de leur biodiversité menacée ou endémique, comprenant des espèces telles que les baleines à bosse, les dauphins, les tortues marines, les oiseaux marins. Elles abritent également d’autres espèces comme les requins, les raies, les poissons, les gastéropodes et les coraux.
Cette étude avait également reconfirmé le statut des sites précédemment reconnus comme KBA. Une zone marine est classée KBA lorsqu’elle abrite des espèces menacées d’extinction ou des écosystèmes en danger, souvent uniques ou extrêmement rares sur terre. C’est le cas entre autres de la région Nord-Ouest (Nosy-Be, Iranja, Baie des Russes, Bombetoke, Sahamalaza ou encore Tandavandriva), le Nord-Est (Baie d’Antongil, Mahavelona et Antalaha) et le Sud (Grand Sud).
Un appel à projet sera lancé au mois d’août pour les ONG et associations qui sont intéressées à créer ou à étendre des AMP à Madagascar. Les projets sélectionnés bénéficieront d’un financement de la part du projet GEF6-AMP. Il s’agit d’un projet mis en œuvre par le ministère de l’Environnement et du développement durable (MEDD), avec le soutien financier du Fonds mondial pour l’environnement.
Le MEDD estime très importante l’identification de ces zones maritimes et côtières pour la conservation de la biodiversité. Plusieurs espèces sont d’ailleurs menacées avec des degrés d’exposition différents, alerte Faratiana Ratsifandrihamanana, experte en écologie marine du projet GEF6-AMP. Les baleines à bosse ont déjà par exemple le statut « vulnérables », les tortues de mer sont « en danger » et les requins-baleines « en danger critique », indique-t-elle.
Photo : MEDD
