Antananarivo, 12 Juillet, 14h39 – Une richesse génétique. Les extraits de la pervenche de Madagascar, que sont la vinblastine et vincristine, génèreraient annuellement environ 100 millions de dollars. Ce chiffre est avancé par la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM) dans son étude sur la valeur économique des aires protégées.
Comme présenté par la Bibliothèque américaine des sciences médicales, The national library of medecine, la vinblastine et la vincristine sont des alcaloïdes cimériques isolés de la pervenche de Madagascar. Elles présentent une activité cytotoxique significative et sont utilisées dans la thérapie antitumorale en tant qu’agents antinéoplasiques. Dérivés de la pervenche de la Grande île, ces médicaments anticancéreux sont d’ailleurs utilisés depuis les années 60, indique la FAPBM.
La FAPBM soutient que davantage d’espèces malgaches possédant des produits bioactifs restent à découvrir. Un tiers des produits pharmaceutiques utilisés dans le monde ont d’ailleurs été trouvés par bioprospection sur des plantes ou substances naturelles, d’après cette Fondation. Cette bioprospection consiste à mener des recherches sur des composés actifs naturels pour développer des produits pharmaceutiques, cosmétiques ou encore d’hygiène, explique la Fondation.
Menée notamment dans les aires protégées, la bioprospection génère des revenus multiples. D’abord, les recherches menées sur terrain bénéficient directement aux communautés locales à travers des prestations de services liés au séjour, mais surtout en monnayant les connaissances traditionnelles sur les vertus naturelles des plantes. Ces mêmes communautés, et le pays tout entier, peuvent également prétendre à des royalties issues de la production de produits dérivés, détaille la FAPBM. Néanmoins, seule une exploitation rationnelle et durable prévient contre la disparition d’espèces, insiste la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar.