CARBURANT – L’écart entre le prix à la pompe et le prix réel du carburant estimé à 600 ariary au mois de Mars selon l’OMH, pas de hausse du prix à la pompe dans l’immédiat, les négociations entre l’Etat et les pétroliers se poursuivent

Antananarivo, 19 Avril, 19h20 – Les autorités jouent la montre. Alors que l’écart entre le prix réel et le prix à la pompe des carburants se creuse, elles poursuivent les négociations avec les compagnies de distribution pétrolière pour réduire autant que possible le passif de l’Etat envers les pétroliers. Un récent décret pris en Conseil de gouvernement continue d’ailleurs de réglementer la fixation des prix des carburants alors que l’Etat s’est engagé auprès du Fonds monétaire international (FMI) à mettre en place un mécanisme d’ajustement automatique des prix.
Selon l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) l’écart entre le prix à la pompe appliqué dans la grande île et le prix réel était estimé à 600 ariary au mois de Février et de Mars. Un chiffre qui reste cependant très aléatoire, s’empresse de préciser Olivier Jean Baptiste, directeur général de l’OMH. « Ce prix change d’un mois à l’autre selon le prix du brut à l’international et les approvisionnements », indique-t-il. « Des fois il peut atteindre 900 ariary et des fois il y a une remise à plat et un équilibre comme cela a été le cas durant la pandémie », poursuit-il dans ses explications.
Alors que le prix du pétrole brut s’élève ce mardi à 111 dollars le baril, une hausse immédiate du prix du carburant dans les stations-services de la grande île n’est pas envisagée, souligne le DG de l’OMH. « L’économie malgache reste fébrile suite au passage de la pandémie du Covid 19 mais aussi des différents cyclones qui se sont succédés et la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages », explique-t-il.
Avec la non application de la vérité des prix, le passif de l’Etat envers les pétroliers continue pourtant de s’accumuler. Olivier Jean Baptiste parle d’un « montant légèrement supérieur à 100 milliards d’Ariary », la limite à ne pas dépasser selon les ententes avec le FMI, rappelle-t-il. Ce passif comme la structure des prix fait néanmoins partie des sujets de négociations entre l’Etat et les pétroliers depuis déjà plusieurs semaines. Ces négociations se poursuivent jusqu’à maintenant, indique encore le DG de l’OMH. A l’entendre, une autre rencontre entre les deux parties est prévue ce jeudi.
« Jusqu’à aujourd’hui le montant exact de ce passif n’est pas connu » estime le DG. La raison est qu’il y a toujours une différence de point de vue sur ce montant. « Ce n’est pas uniquement l’Etat qui doit de l’argent aux pétroliers, les pétroliers doivent aussi encore de l’argent à l’Etat, des droits des taxes, mais aussi des redevances », explique le responsable. « D’où la poursuite des négociations », conclut-il.