Antananarivo, 17 Mars, 09h15 – Un accord à mettre en œuvre entre l’Etat et les pétroliers. Les deux parties se sont convenues de régler ce qu’elles doivent l’une envers l’autre. Si l’Etat va émettre les Bons du trésor spéciaux (BTS) pour régler ses passifs envers les membres du Groupement des pétroliers de Madagascar (GPM), les compagnies pétrolières vont, de leur côté, reprendre le paiement des taxes et redevances sur les carburants à partir de la semaine prochaine. C’est ce qui a été conclu lors de la rencontre entre le Gouvernement, représenté par le Premier ministre Christian Ntsay et la ministre de l’Economie et des finances Rindra Rabarinirinarison, et les représentants du GPM, ce jeudi.
Ces dispositions s’apparentent bien à la mise en œuvre de l’accord qui était déjà trouvé entre les deux parties et qui a été présenté au Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de la troisième revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC). Le rapport de cette revue avait souligné que les administrateurs de l’Institution de Bretton Woods se félicitent du règlement des dettes croisées avec les distributeurs de pétrole. La directrice générale adjointe du FMI, Antoinette Sayeh avait toutefois insisté sur « la mise en œuvre intégrale de l’accord conclu avec les distributeurs de pétrole en décembre 2022 ».
La ministre Rindra Rabarinirinarison avait déjà indiqué que les pétroliers doivent 1 136 milliards de taxes à l’Etat. Et qu’à ces taxes s’ajoutent encore 247 milliards d’ariary de Redevance d’entretien routier (RER) et 23 milliards d’ariary de Redevance de développement du secteur (RDS). Le Grand argentier n’a toutefois pas indiqué le montant du passif de l’Etat envers les pétroliers, résultant du non ajustement des prix à la pompe, et encore moins ce que la Jirama doit à des compagnies pétrolières.
Lors de la deuxième revue de la FEC, par exemple, il était indiqué qu’après avoir déduit les arriérés des distributeurs pétroliers au Fonds routier et au ministère des Hydrocarbures pour la RDS, le passif net de l’Etat à fin mai 2022 était estimé par les autorités malgaches entre 237 et 347 milliards d’ariary. Cette seconde revue de la FEC avait par ailleurs indiqué qu’un plan de remboursement des arriérés de la JIRAMA, qui s’élèvent à 1257 milliards d’ariary au 31 décembre 2021, sera mis en œuvre « au cours des trois prochaines années ».
L’ancien ministre de l’Energie avait néanmoins toujours insisté sur la nécessité d’un audit, notamment des factures de carburant présentées à la Jirama. Ce, en pointant du doigt les dépenses excessives en carburant de la compagnie nationale d’eau et d’électricité.