Antananarivo, 22 Avril, 6h20 – « Je reste persuadé à 80% que c’est un sabotage ». Andry Ramaroson, ministre de l’Energie et des hydrocarbures, maintient l’hypothèse d’un acte délibéré et criminel derrière l’incendie survenu à la centrale hydroélectrique d’Andekaleka en début d’année. Devant la presse jeudi, il met en avant son statut de « technicien qui est descendu sur place » et qui a vu de ses yeux « bien de situations illogiques » pour conforter son opinion et pour écarter l’hypothèse qu’il aurait pu s’agir d’un accident.
Pour l’instant, les enquêtes suivent néanmoins leur cours, souligne Andry Ramaroson. Celles-ci semblent pas encore avoir abouti. Les 50 millions d’ariary de prime promis par les autorités n’ont pas encore été versés, précise le ministre.
Dès Janvier, le ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH) avait été formel sur l’origine de l’incendie qui avait entraîné de longues semaines de délestage sur le réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA), même si à l’époque, la Jirama avait évoqué un « accident ». Le département d’Andry Ramaroson avait alors souligné dans un communiqué qu’il a été « confirmé » lors d’une descente effectuée sur place que « l’incendie du 2 janvier a été expressément provoquée ».
L’existence d’une intention malveillante avait ainsi été mise en avant et le démantèlement exprès d’un pylône à Andriamampamaky avait été avancé comme preuve de cette intention. Pour le ministère, le fait que l’incident se soit produit au moment où une délégation menée par le Président de la République s’était rendue à Andekaleka n’était pas non plus anodin.
Abondant dans le sens du ministère, le Président Andry Rajoelina avait aussi annoncé que « des gens sont capables de faire ces actes ». Il avait confié avoir été lui-même déjà approché par des individus qui lui avaient demandé de l’argent en échange d’un sabotage à Andekaleka, en 2018. Une offre que le Chef de l’Etat aurait refusé et que « d’autres auraient peut-être accepté en 2021 », poursuivait-il.
En attendant les résultats des enquêtes, les travaux ont repris sur l’un des deux groupes qui avaient déjà été réparés après l’incendie. Celui-ci se retrouve à nouveau en panne, obligeant la compagnie nationale de distribution d’électricité à procéder à un nouveau délestage d’électricité sur le RIA. Les deux groupes ainsi que le troisième encore en cours de réparation sont toutefois encore prévus être complètement opérationnels à la fin du mois de Mai pour permettre à la centrale hydroélectrique d’Andekaleka de produire 90 MW.
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