CLIMAT DES AFFAIRES – Madagascar au 22e rang sur 31 pays analysés dans le rapport Where To Invest in Africa 2025/26

Antananarivo, 29 Octobre, 8h15 – Le rapport Where To Invest in Africa 2025/26 de la Rand Merchant Bank (RMB) positionne Madagascar parmi les pays africains offrant un potentiel d’investissement moyen, mais encore freiné par des défis structurels. Avec un taux de croissance projeté à 3,8 % par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2025, l’économie nationale progresse à un rythme modéré, soutenue par les services, l’agriculture d’exportation et le tourisme. Cependant, les lourdeurs administratives, l’insuffisance des infrastructures et la dépendance aux aides extérieures continuent de peser sur l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.

Dans le classement RMB, l’Île Maurice conserve la première place grâce à sa stabilité, sa gouvernance et son environnement fiscal favorable. À l’opposé, des pays comme le Soudan figurent parmi les derniers, fragilisés par l’instabilité politique et la crise économique. Madagascar au 22e rang sur 31 pays analysés, se situe entre ces deux extrêmes, présentant un profil d’investissement à risque modéré mais à fort potentiel dans certains secteurs, notamment l’énergie renouvelable, les mines et les services numériques. Les efforts récents pour moderniser les cadres législatifs et renforcer la transparence suscitent un intérêt croissant, bien que prudent.

Sur le plan macroéconomique, la stabilité reste fragile. L’inflation, estimée autour de 8 %, et un déficit budgétaire proche de 5 % du PIB témoignent d’un contexte encore tendu. Les autorités misent sur les partenariats public-privé et les réformes énergétiques, à travers des projets comme Volobe et Sahofika, pour renforcer la croissance. La dépréciation du franc et la volatilité des prix mondiaux représentent toutefois des risques persistants. La confiance des investisseurs dépendra de la capacité du pays à garantir une meilleure gouvernance et une exécution rigoureuse des projets publics.

À moyen terme, Madagascar dispose de leviers de développement significatifs s’ils sont correctement exploités. L’amélioration de l’accès à l’énergie, la digitalisation des services publics et la promotion d’un tourisme durable pourraient accroître la compétitivité du pays dans la région. Si les réformes structurelles se poursuivent et que la stabilité politique est maintenue, la Grande Île pourrait renforcer sa position dans les futurs classements d’attractivité économique en Afrique. Pour l’heure, elle reste un marché prometteur, mais encore à consolider avant de devenir une destination d’investissement pleinement sécurisée.