COMMERCE – Andry Rajoelina justifie la baisse du prix de la vanille par le coronavirus

Antananarivo, 18 Septembre, 20h40 – « Nous étions sur le point de décoller, le TGV allait ne plus pouvoir être retenu, mais le coronavirus est apparu: l’élan a été coupé, les machines se sont arrêtés ». Et le prix de la vanille auprès des producteurs a chuté. Pour le président de la République, c’est d’abord la pandémie Covid-19 qui est à l’origine de cette baisse. Les autres causes, dont la loi de l’offre et de la demande, viennent après.
Se défendant de ne pas avoir pu augmenter le prix de la vanille aux producteurs comme il l’a promis durant la campagne électorale, Andry Rajoelina assure que « c’est en 2019, alors que j’étais déjà président de la République que le prix de la vanille a atteint son pic depuis que Madagascar est Madagascar ». A l’entendre, « les statistiques indiquent que le kilo de la vanille verte était à 200000 jusqu’à 220000 ariary en 2019 contre 160000 à 180000 ariary entre 2016 et 2018 ».
Le chef de l’Etat a néanmoins reconnu que « la loi de l’offre et de la demande » n’est pas non plus étrangère à la baisse du prix de la vanille. Il parle de certains « acheteurs qui viennent des Etats-Unis et qui veulent nous dompter ». « Nous avons fixé le prix de la vanille préparée à 250 dollars mais certains veulent acheter à moins cher », souligne-t-il. Il évoque également ces pays qui commencent également à produire de la vanille, et ainsi intéresser les acheteurs. Mais heureusement que « notre vanille reste encore le numéro Un », se réjouit-il.
Le président de la République dénonce aussi ces exportateurs « qui vendent la vanille préparée à 150-170 dollars le kilo alors que nous avons déjà imposé le prix à 250 dollars le kilo ». Ou alors ces gens « qui vont exporter de la vanille verte de Madagascar aux Comores pour les y préparer puis les vendre comme de la vanille des Comores ».
Après avoir atteint des sommets ces dernières années, autant sur le marché international que sur le marché local, le prix de la vanille avait amorcé sa dégringolade vers fin 2019-début 2020. Le début de la campagne 2019-2020 semblait pourtant encore prometteur. « Le prix de référence Mintec pour la vanille de qualité gastronomique FOB de Madagascar se négociait dans une fourchette allant de 550 à 600 dollars au début de la campagne 2019 », rappelle Marcel Goldenberg de Mintec dans une interview accordée à Commodafrica en Juillet.
Mais certains acheteurs avaient commencé à se détourner de la vanille de Madagascar et « alors que la campagne se poursuivait et que l’année 2019 se terminait avec des stocks encore importants dans le pays, les prix se sont effondrés allant jusqu’à 310 dollars le kilo ». Pour tenter de maîtriser la situation, l’Etat fixe en février 2020 un prix plancher de référence à l’exportation, à raison de 350 dollars le kilo de la vanille préparée.
L’effondrement du cours a eu des impacts sur le prix aux producteurs et en début de campagne, ceux-ci arrivaient à peine à écouler la vanille verte à 65 000 – 70 000 ariary le kilo, soit le tiers du prix des années précédentes. Pour essayer de maîtriser le cours, le gouvernement impose encore une fois un prix minimum à l’exportation, à raison de 250 dollars le kilo de la vanille préparée. Mais le prix est contesté par certains exportateurs qui craignent de ne pas trouver d’acheteurs à ce prix.