Passer d’une exportation de subsistance à une performance structurée. La Chambre de commerce Chine-Madagascar ambitionne de doubler la mise vers l’Empire du Milieu sur cinq ans pour atteindre 400 millions de dollars. Ce bond de 100 % illustre une nouvelle volonté, qui ne cherche plus seulement à vendre mais à conquérir le marché chinois par la valeur ajoutée et l’excellence de ses filières de niche, expose la présidente de cette plateforme d’affaires, Sylvia Mamiarivelo, vendredi.
Cette stratégie offensive s’appuie sur une base déjà solide. La Grande Île bénéficie désormais d’un accès privilégié grâce à la politique du tarif douanier zéro, étendue à 100 % des produits depuis décembre 2024, comme le souligne Hui Wei, conseiller économique auprès de l’Ambassade de Chine à Madagascar. Ce levier avait déjà présenté des résultats concrets. Les expéditions ont franchi la barre des 200 millions de dollars par an ces trois dernières années. Elles ont été portées par la croissance de produits phares tels que le girofle, les huiles essentielles ou encore les crevettes, rapporte ce technicien chinois.
Mais le plein potentiel de cet échange reste encore à réaliser, note Sylvia Mamiarivelo. Si le volume global des échanges a atteint 1,68 milliard de dollars en 2024, la part malgache demeure marginale face à une Chine qui représente plus d’un quart des importations de l’île. Pour la présidente de la Chambre de commerce, ce déséquilibre n’est pas une fatalité mais une “fenêtre historique”. En misant sur la rareté et l’authenticité de ses produits, Madagascar a désormais l’opportunité de corriger cette balance commerciale grâce à l’exonération totale de droits de douane pour ses produits. Ce qui, selon ses explications, est “la plus importante de cette génération”.
Mais ce passage à l’échelle devrait être porté par une “exécution disciplinée” de huit leviers clés, visant à lever les freins industriels, logistiques et normatifs. La stratégie avancée par la Chambre de commerce Chine-Madagascar priorise alors cinq filières à fort impact, à savoir les épices, les produits halieutiques, les huiles essentielles, l’agroalimentaire transformé et les mines. Elle mise sur la transformation locale, la mise en conformité stricte avec les standards chinois, ainsi que sur l’accélération du digital et de la diplomatie économique pour garantir une présence durable et compétitive sur le marché international.
Le développement effectif des échanges est également conditionné par une simplification des procédures liées au GACC (Administration générale des douanes de Chine), souligne de son côté la directrice générale du commerce extérieur, Tiava Ny Kanto Rajohnson. L’enjeu est de transformer l’opportunité politique en succès commercial par un accompagnement technique accru et un renforcement des capacités des opérateurs, afin que les normes de conformité et de traçabilité ne soient plus un frein, mais un moteur de compétitivité pour les entreprises malgaches, explique-t-elle.
Depuis le 1er mai, la Chine adopte la politique de tarif douanier zéro à 100 % des lignes tarifaires pour tous les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle. Pour Madagascar, cette ouverture totale ne représente pas seulement une mesure technique, mais une occasion historique nouvelle d’élever le niveau de la coopération bilatérale, soutient l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Ji Ping
