Maîtriser les instruments de la Zlecaf pour une intégration réussie. Le Gouvernement malgache, soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), a lancé ce lundi un atelier national ayant pour objectif de transformer la ratification de cet accord de Zone de libre-échange continentale africaines en opportunités économiques concrètes pour la Grande île. Cet objectif requiert une “appropriation effective de cet accord par les acteurs économiques du pays”, expose la Chargée d’affaires économiques auprès de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Simone Assah Kuete.
Cette responsable de la CEA soutient un impératif de compétence technique. Bien que Madagascar ait ratifié l’accord en 2024, l’appropriation des outils techniques reste un défi majeur, soulève-t-elle. L’atelier est alors dédié au renforcement des compétences du secteur privé ainsi que des membres du Comité national de mise en œuvre de la Zlecaf. Les travaux portent notamment sur la maîtrise des règles d’origine, le portail tarifaire en ligne et le Système panafricain de paiement (PAPSS). L’objectif central est l’appropriation technique des instruments opérationnels de l’Accord, condition sine qua non à son déploiement effectif, lance-t-elle.
Pour le gouvernement, l’intégration à la Zlecaf doit marquer une rupture avec l’exportation de matières brutes. Haingotiana Michela Andriamadison, ministre du Commerce et de la consommation, insiste sur la nouvelle orientation stratégique du Gouvernement. “L’enjeu stratégique pour la Grande Île réside dans l’exportation de produits à forte valeur ajoutée vers ce marché, favorisant ainsi l’intégration commerciale régionale. Notre défi consiste désormais à privilégier l’exportation de produits transformés plutôt que de matières premières brutes, afin de maximiser la création de valeur au niveau national”, a-t-elle plaidé.
Le secteur privé voit d’ailleurs dans la Zlecaf un potentiel de croissance à exploiter. Gil Razafintsalama, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA) rappelle l’immensité du marché et ses gains potentiels. “Il faut y aller et se structurer pour intégrer cette zone de libre-échange continental. C’est 1,3 milliards de consommateurs qui pourront atteindre 2,5 milliards en 2050. Un PIB estimé à 2500 milliards d’euros. Une libéralisation tarifaire qui pourrait engendrer plus de 17 milliards d’euros”, indique-t-il en soutenant que “si on applique correctement, si on débloque les variables tarifaires, on peut même arriver jusqu’à 19 milliards d’euros supplémentaires”.
Durant les deux jours d’atelier, plusieurs sessions à thème portant sur les opportunités pour le secteur privé en l’occurrence sur le commerce des marchandises, le commerce des services seront programmées. L’évolution de la mise en œuvre de la Zlecaf à Madagascar sera passée en revue avec un état des lieux. Ils verront la participation d’une cinquantaine d’acteurs publics et privés.
