COMMERCE – Madagascar encouragée à avancer dans son adhésion à la Zone de libre-échange continentale africaine, le secteur privé malgache encore peu enthousiaste à l’intégrer

Antananarivo, 9 Décembre, 11h16 – La Grande île, qui reste prudente quant à son adhésion à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), est encouragée à avancer. Ce ne pourrait qu’être aux avantages du pays, d’après ce qu’a exposé le coordonnateur du Système des Nations-Unies, Issa Sanogo, durant la célébration de la Journée internationale de l’industrialisation de l’Afrique. Il étaie son argumentation par le fort potentiel de Madagascar en termes de produits qui peuvent être exportés vers le continent africain et inversement par les opportunités d’affaires que ce continent peut également développer à Madagascar.

« C’est autant d’opportunités de commerce, de pénétration de marché et de développement de l’industrie que la Zlecaf offre. Aussi, nous encourageons les autorités nationales des Etats membres de l’Union Africaine à l’adopter », lance-t-il. La coordinatrice senior de la Zlecaf auprès du Centre du commerce international, Aissatou Diallo, ajoute d’ailleurs que ce marché continental unique, créé à travers l’élimination progressive des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce des marchandises, permettra à Madagascar de valoriser son panier de produits.

« Nous ne devons pas attendre que toutes les infrastructures du commerce soient en place pour pouvoir commencer à commercer dans le cadre de la Zelcaf. Ce qu’il faut, c’est informer le secteur privé par rapport aux opportunités qui existent sur le marché africain. Il faudra en même temps améliorer l’environnement des affaires et mettre en place un dispositif juridique qui est favorable aux transactions commerciales intra-africaines », soutient-elle.

Les autorités malgaches se veulent pourtant encore prudentes sur l’adhésion à l’accord. Lors du dialogue national sur les enjeux et les défis de la Zlecaf en fin Novembre, Edgard Razafindravahy, ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, a reconnu l’hésitation malgache sur le sujet. La suppression des droits et des taxes à l’importation et la faible compétitivité de Madagascar au niveau des zones d’intégration africaine, avec une balance commerciale déficitaire dans ses relations avec les pays africains, constituent les motifs soulevés par le ministère.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de consulter le secteur privé et la population sur la question avant de signer l’adhésion définitive de la Grande île à cette zone de libre-échange africaine. Il a également mis en avant l’importance d’industrialiser le pays d’abord pour mieux gagner en compétitivité. Les participants à ce dialogue national ont également soulevé la question de l’accès du secteur privé aux financements, le financement des infrastructures, les perspectives pour les investissements directs étrangers ainsi que les dispositifs de soutien aux petites et moyennes entreprises.

Le secteur privé malgache, lui aussi, est peu enthousiaste. « Nous ne nous opposons pas à l’adhésion de Madagascar à la Zlecaf. Nous estimons cependant que cette adhésion nécessite du temps », lance le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), Amiraly Hassim. Il soulève également d’autres raisons, à savoir le fait que plus de 80% des produits consommés à Madagascar sont importés ainsi que le problème d’insécurité alimentaire du pays. « Donc, notre premier objectif c’est de produire et de transformer nos produits pour la consommation locale d’abord. C’est une fois que nous disposons d’un excédent de production que nous pouvons approvisionner d’autres marchés à l’extérieur », insiste-t-il.