CONJONCTURE – Un recul fragile de l’inflation constaté par la Banky Foiben’i Madagasikara

Antananarivo, 5 Novembre, 15h15 – La baisse progressive de l’inflation observée en 2025 constitue un signal positif pour l’économie nationale, mais la Banky foiben’i Madagasikara appelle (BFM) à la prudence. Selon le dernier rapport sur la décision de politique monétaire de la BFM, le taux d’inflation s’est établi à 7,5 % en septembre, contre 9,5 % en janvier, confirmant un ralentissement du rythme de hausse des prix. Cette évolution est attribuée à la stabilité des prix de l’énergie et à la politique monétaire resserrée conduite par la banque centrale. Toutefois, cette tendance reste fragile. Les effets des récents troubles politiques et du ralentissement de l’activité économique peuvent compromettre la poursuite du processus de désinflation au cours des prochains mois, estime la Banque centrale.

Par ailleurs, la désinflation s’accompagne d’un affaiblissement de la croissance. Selon la BFM, la progression du produit intérieur brut devrait se limiter à 3,4 % en 2025, en raison du recul de l’activité enregistré après les événements politiques de septembre et octobre. Cette instabilité a pesé sur la confiance des entreprises et des ménages, réduisant la consommation et les investissements. Plusieurs secteurs, notamment le commerce et l’industrie, ont vu leur production reculer. Si la désinflation contribue à préserver le pouvoir d’achat, elle s’inscrit donc dans un contexte économique ralenti, où la reprise demeure conditionnée au retour durable de la stabilité.

Les évolutions récentes sur le marché des changes traduisent également la vulnérabilité de la conjoncture. Entre décembre 2024 et octobre 2025, l’Ariary s’est déprécié de 5,8 % face à l’euro, tandis qu’il s’est apprécié de 4,4 % face au dollar américain. Ces variations divergentes reflètent la volatilité des marchés internationaux et la dépendance de Madagascar à ses partenaires extérieurs. Cette situation, bien que maîtrisée jusqu’ici, constitue un facteur de risque pour la stabilité des prix des produits importés, notamment des produits énergétiques et alimentaires, susceptibles d’inverser la tendance désinflationniste.

Mais malgré un déficit commercial persistant, la Banque centrale a réussi à renforcer les réserves officielles de devises, couvrant désormais 6,2 mois d’importations à fin septembre 2025. Ce résultat tient aux apports de financements extérieurs et aux rentrées de devises issues de projets de développement. Il offre un soutien à la stabilité monétaire et au maintien de la confiance. Toutefois, la BFM souligne que cette marge de sécurité ne suffit pas à dissiper les incertitudes liées à la conjoncture mondiale et aux tensions internes. Dans un environnement encore instable, la désinflation demeure fragile et dépendante d’une gestion prudente des équilibres macroéconomiques.