Antananarivo, 26 Novembre, 11h15 – L’Assemblée nationale maintient l’exemption totale de droits de douane et de TVA sur le riz importé. La majorité des députés a exercé son droit d’amendement pour bloquer la retaxation du riz de luxe importé, prévu dans le projet de loi de finances initiale (PLFI) 2026. C’était au terme d’une séance d’adoption qui a conclu deux journées de rude débat, débouchant sur l’adoption avec amendements de ce PLFI, mardi.
Le PLFI 2026 avait prévu de soumettre le riz de luxe importé à des droits de douane de 20% et la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 20%. Un éclatement tarifaire avait alors été proposé pour distinguer les catégories de riz et rétablir une taxation sur les variétés haut de gamme.
Mais les parlementaires qui se sont penchés sur le sujet soutiennent ne trouver aucun intérêt à faire cette distinction. La minorité qui était favorable à la taxation a néanmoins soutenu que cette disposition est nécessaire pour protéger les producteurs locaux face à la concurrence des importations. Ceux qui s’y étaient opposés soutenaient, de leur côté, que cette taxation risque d’entraîner une hausse des prix dans un marché encore très dépendant des importations, impactant de ce fait le pouvoir d’achat des ménages.
Et la majorité a parlé. Les députés ont fait primer l’objectif de stabilité des prix et de protection du pouvoir d’achat des ménages sur l’objectif d’augmentation des recettes fiscales d’une part et de protectionnisme local, de l’autre. Et l’amendement qu’ils ont porté a eu pour effet d’enterrer la tentative de retaxation du riz importé.
Madagascar reste dépendant des importations de riz. Le volume des achats de riz à l’étranger a même connu une augmentation spectaculaire de 325,74 % entre les neuf premiers mois de 2024 et les trois premiers trimestres de 2025. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que le besoin d’importation de riz de la Grande île pourrait s’établir à 800 000 tonnes cette année.
