Antananarivo, 09 Mars, 07h11 – Passer d’une logique de “guichet d’aide” à celle d’un “soutien contrôlé”. Le Président de la Refondation de la République, le Colonel Michael Randrianirina a formellement invité les partenaires internationaux de la Grande île à faire un état des lieux consolidés des aides ainsi que des donations qu’ils ont mobilisées pour la ville de Toamasina et les zones environnantes suite au passage du cyclone Gezani. Un appel que le Chef de l’Etat a lancé au cœur de la zone sinistrée, lors de son déplacement sur place, samedi.
Pour le Colonel Michael Randrianirina, il s’agit de confronter les financements annoncés aux décaissements effectifs ainsi que de de quantifier précisément la nature des secours distribués et le nombre de ménages réellement impactés. Cette démarche devra également permettre d’analyser les obstacles opérationnels rencontrés sur le terrain afin d’évaluer l’efficacité réelle des contributions sur la reconstruction de Toamasina et le renforcement de la résilience de ses habitants.
“Il est important que la population de Toamasina et le peuple malgache puissent mesurer pleinement la portée de cette solidarité internationale”, lance le président de la Refondation pour appuyer cette requête. D’ailleurs, au-delà de la reconnaissance légitime qui est due à ces partenaires internationaux, “cet exercice permettra d’améliorer la coordination des interventions et d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles”, ajoute-t-il.
Plusieurs partenaires se sont déjà dits soucieux de cette culture de la redevabilité, bien avant cet appel du chef de l’Etat. Pour la direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire de la Commission européenne, par exemple, le suivi repose avant tout sur une présence de terrain permettant de vérifier directement auprès des sinistrés la qualité et la ponctualité de l’aide reçue. Celui-ci intègre des mécanismes de réclamation indispensables, rassure l’agent de liaison de son Centre de coordination de la réaction d’urgence, Olivier Brouant. La Banque mondiale, de son côté, met en avant la performance des outils de traçabilité technologique, comme le ciblage par QR code. Tout en plaidant pour une vigilance collective, incluant la société civile.
L’Etat avait par ailleurs décidé la création d’une unité de coordination pour la reconstruction de la ville de Toamasina. Cette structure aura pour mission de coordonner l’ensemble des initiatives publiques et des contributions des partenaires techniques et financiers, d’assurer le suivi des projets de reconstruction des infrastructures essentielles, de faciliter la relance des activités économiques et portuaires et de veiller à ce que l’action publique reste au plus près des besoins des populations sinistrées, détaille le président Michael Randrianirina. “Cette unité constituera un instrument opérationnel au service d’une reconstruction rapide, efficace et transparente”, lance-t-il.