COOPÉRATION – Madagascar veut défendre une économie “verte et connectée” au Sommet Africa Forward 2026

Photo : PRRM

La Grande île assure ne pas vouloir venir “les mains vides” au Sommet Africa Forward 2026. Elle entend porter le plaidoyer d’une économie “verte et connectée” ainsi qu’une vision renouvelée du partenariat Afrique-France à ce Sommet qui se tient les 11 et 12 mai au Kenya sous le thème “Partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance”. Conduite par le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, la délégation malgache veut mettre en avant la transformation numérique, l’industrialisation locale et l’intégration régionale comme piliers de son positionnement économique.

Pour cette rencontre présentée comme étant “le point de ralliement d’une Afrique qui cherche à se réinventer”, Madagascar affirme venir avec des propositions axées sur la facilitation des échanges, la transition numérique et les industries durables. Sur le terrain de la facilitation des échanges, les autorités entendent mettre en avant la digitalisation des certificats phytosanitaires, le portail d’informations commerciales, ainsi que le système électronique des tarifs douaniers. “Des outils encore peu connus du grand public, mais qui changent la vie des entreprises exportatrices”, confie une source proche du dossier.

“Simplifier le commerce, c’est accélérer l’accès aux technologies propres et renforcer la compétitivité de nos industries durables”, poursuit notre interlocuteur. Derrière cette orientation, Madagascar affirme vouloir promouvoir une industrialisation davantage tournée vers la transformation locale des produits agricoles et textiles plutôt que vers l’exportation brute de matières premières. Mais il est surtout question de donner une place centrale à la jeunesse, au numérique et aux PME (petites et moyennes industries innovantes).

Au-delà des questions économiques, la participation malgache au forum d’affaires du 11 mai doit aussi servir à défendre une redéfinition des relations entre la France et les pays africains. Les autorités malgaches plaident pour un partenariat “plus équilibré”, reposant davantage sur la co-création de valeur, le transfert de savoir-faire et les investissements productifs que sur les échanges commerciaux traditionnels.

Dans cette perspective, Madagascar appelle les entreprises françaises à investir dans des chaînes de valeur intégrées capables de générer des emplois locaux, tout en s’appuyant sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). “Nous appelons à une mobilisation collective pour faire de nos frontières des passerelles vers une croissance durable”, ajoute notre interlocuteur.

Pour porter la voix malgache aux côtés du chef de l’Etat, ils sont six ministres à participer au Sommet Africa Forward 2026 ce lundi et mardi pour discuter des “partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance”. Outre la ministre des Affaires étrangères, Alice Ndiaye, la délégation présidentielle inclut le ministre de l’Economie et des finances, Herinjatovo Ramiarison, le ministre de l’Industrialisation et du développement du secteur privé, Ny Riana Nampoina Raharimanjato, le ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramindo, le ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle Todisoa Andriamampandry, et le ministre du Développement numérique, des postes et des télécommunications, Mahefa Andriamampiadana.