Antananarivo, 14 Décembre, 6h30 – La crise s’intensifie du côté de Tolagnaro. La compagnie minière QMM qui produit l’électricité approvisionnant Tolagnaro, annonce la mise en place d’un délestage de huit heures par jour de midi à 20 heures à partir de ce mercredi. Dans un communiqué publié mardi soir, la société indique que « la fatigue avancée des équipes ne leur permet pas de continuer à effectuer leurs tâches de façon sécuritaire ». Cette situation la contraint ainsi à « mettre en place un horaire de production d’électricité incluant des plages de récupération aux équipes ».
Selon QMM, les barrages placés par des manifestants sur la route menant vers Mandena continuent d’empêcher l’accès sécuritaire à son site minier, l’obligeant à déclarer la force majeure aussi bien auprès de ses prestataires et fournisseurs qu’auprès de la Jirama. A cela s’ajoute la « recrudescence des intrusions, des vols, des actes de vandalisme et de sabotage sur le site minier de Mandena », ainsi que les « menaces directement et nommément exercées à l’encontre des employés ».
« Nous avons toujours respecté scrupuleusement nos engagements afin de garantir la continuité de la production d’électricité au profit de la population de la commune de Fort-Dauphin, mais les circonstances nous contraignent à ce programme de délestage pour assurer la résilience de la production d’électricité », indique le communiqué de la société citant son directeur général David Tremblay.
Malgré les éventuels délestages, QMM a pris des mesures afin d’assurer l’approvisionnement en électricité des sites critiques notamment les centres de santé. « QMM a fourni un générateur de secours au Centre de santé de base 2 (CSB2) d’Ampasikabo et a approvisionné en carburant ce centre et le Centre hospitalier de référence régional (CHRR) Philibert Tsiranana Amboanato pour alimenter leur générateur », poursuit toujours le communiqué.
Bien que les négociations aient démarré avec les pêcheurs et les usufruitiers, des manifestants qui réclament des compensations non recevables liés au foncier continuent de bloquer la situation, regrette QMM. Selon une source auprès de la compagnie, les manifestations sont surtout le fait de certains occupants de terrain sur lesquels elle paie déjà des redevances en bonne et due forme auprès de l’État, propriétaire de ces terrains. La compagnie indique, par ailleurs, avoir commencé à verser les compensations suite aux accords passés il y a quelques mois.