CULTURE – Ho Nofy Ihany [Rien que rêve] ou la couleur des espoirs et des doutes de Mahefa Dimbiniaina Randrianarivelo

Antananarivo, 12 Avril, 10h17 – Ho Nofy Ihany [Rien que rêve] relate le chemin d’un artiste l’instant d’un tour de galerie. « Je suis pressé, non par le temps, mais m’interroge sur le temps qui me reste pour poursuivre mes rêves ». Ou encore « peut-on vraiment prévoir l’avenir? Selon ce que l’on veut? Ou en faisant avec ce que l’on a? ». Autant de questions griffonnées à la craie sur un pan de mur de l’Institut Français de Madagascar (IFM) et qui relate avec vivacité les craintes d’un jeune photographe en devenir. Inaugurée mardi soir, l’exposition de Mahefa Dimbiniaina Randrianarivelo est constituée de neuf oeuvres constituées d’une variation des cinq couleurs primaires. Un mélange vif qui met en scène les rêves mais aussi les certitudes et les doutes quant à la vocation même de l’artiste.

Ici, aucun cartel n’indique le titre des œuvres. L’artiste laisse planer les milliers de questions autour de chacune des photos. Les échelles sont brisées, quand on retrouve par exemple une jeune femme plus petite qu’un pinceau ou qui pourrait tenir sur un avion en papier immense. La dureté des matériaux comme le fer cohabite avec la fragilité des feuilles. Sans le dire, Mahefa Dimbiniaina Randrianarivelo développe une grammaire iconographique avec comme fil conducteur le rêve d’un artiste qui se construit.

Cette exposition a été organisée dans le cadre de la sixième édition du prix Paritana. Les deux vice-lauréates Viviane Rakotoarivony et Olivia Bourgois ont déjà présenté leurs oeuvres d’octobre à novembre, dans Oxymore, pour la première, et de novembre à décembre, dans Cellules Humaines C’est lui l’humain, pour la deuxième. Mahefa Dimbiniaina Randrianarivelo, le lauréat, clôture ainsi la saison 2022-2023 de ce prix avec Ho Nofy Ihany [Rien qu’un rêve] qui sera ouverte au public jusqu’au 27 mai.