Des régions fortes avec, à leur tête, des gouverneurs. Tel est le système sur lequel les autorités actuelles souhaitent s’appuyer pour parvenir à l’émergence de Madagascar. Ce 16 mai, la mise en place de ces régions fortes a été le sujet d’un débat public organisé par la Fondation Friedrich Ebert et le Projet de développement communal inclusif et de décentralisation (ProDéCID) de la coopération allemande (GIZ).
Instaurées depuis 2004, « les régions dirigées par des Chefs de régions nommés par le ministère n’arrivent pas à répondre au besoin du pouvoir actuel », affirme Gervais Rakotonirina, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur et de la décentralisation. Le responsable n’est cependant pas allé plus loin dans ses propos, affirmant vouloir attendre la sortie des nouveaux textes régissant les collectivités territoriales décentralisées avant de se prononcer.
Lors de la célébration de son centième jour de présidence, Andry Rajoelina a encore rappelé son intention de faire des régions le point d’ancrage de l’élan qu’il veut donner au pays. Dans son idée, ces collectivités ne seront plus dirigées par des chefs de région mais par des gouverneurs qui « seront les promoteurs du développement ». « Ces régions auront leur propre budget pour réalisation des velirano », a-t-il encore promis à l’occasion.
Autonomie des collectivités
Depuis 25 ans, la question de la décentralisation est plusieurs fois revenue sur le tapis. « L’instauration de ce système avance », reconnaît Parfait Randrianitovina, directeur adjoint du ProDéCID. Mais les textes et leur application n’ont pas toujours donné satisfaction aux différents dirigeants. « La réorganisation des collectivités territoriales et la retouche des textes qui s’y rapportent sont nécessaires », a d’ailleurs poursuivi le spécialiste.
Une position soutenue par Bao Razafimahefa, membre de cabinet à la Commune urbaine d’Antananarivo. Pour cette responsable, la solution pour parvenir à la décentralisation est de « transférer les pouvoirs centraux aux collectivités de base pour permettre aux collectivités territoriales de prendre en main le développement de leur circonscription ». Or, a-t-elle rappelé, « aujourd’hui, les communes dépendent encore des subventions de l’État pour leur fonctionnement ». « C’est l’autonomie de chaque commune et de chaque région qui libérera l’État de ses charges », a conclu Gervais Rakotonirina.
Pour l’instant, les autorités ont dû ralentir dans leur volonté de mettre en place un nouveau système de décentralisation. Afin de pouvoir placer des gouverneurs à la tête des régions, le chef de l’État avait souhaité réviser la Constitution, mais sa démarche a été jugée anticonstitutionnelle par la Haute cour constitutionnelle (HCC). Le président de la République a annoncé ne pas vouloir renoncer à son projet et a même qualifié l’avis de la HCC comme étant « un frein à l’élan » qu’il voulait donner au pays.
