Antananarivo, 10 Octobre, 13h25 – « Quelle est la distance la plus longue : Ikongo-Manakara ou Ikongo-Mananjary » ? La logique du président de la République, Andry Rajoelina, est simple : « nous sommes en train d’effectuer da la subdivision administrative et non de la division ethnique », souligne-t-il ce samedi à Manakara, devant les notables de la région Vatovavy-Fitovinany, Ampanjaka et Sojabe notamment.
Faisant distribuer une carte de la région à diviser en deux régions distinctes, le chef de l’Etat montre que « d’Ikongo à Manakara, il n’y a qu’une soixantaine de kilomètres, alors que d’Ikongo à Mananjary, il doit y avoir jusqu’à 160 km ». « Notre objectif est pourtant de faire en sorte que les habitants d’un district n’aille pas trop loin quand ils ont des documents à établir », insiste-t-il. Pour Andry Rajoelina, Ikongo devrait ainsi faire partie de la région de Fitovinany dont Manakara est le chef-lieu et non de celle de Vatovavy dont le chef-lieu se trouve à Mananjary.
Mais au-delà de la distance entre les districts, le président de la République soutient l’importance d’une répartition équitable des districts entre les régions. « Si nous avons une région de six districts qu’il faut diviser par deux, l’équité veut que chaque région ait chacune trois districts et non quatre districts pour l’une et deux pour l’autre », déclare-t-il. Et de revenir sur un exemple simple : « si nous donnons un budget de 30 Km de route par an à chaque région, les quatre districts de la première région seront forcément lésés parce qu’ils n’auront que 30 Km divisés par quatre de route, alors que les deux districts de la région avec deux districts auront chacun droit à 15 Km de route », explique-t-il.
Le chef de l’Etat a même glissé une autre de ses craintes : que certains districts qui se sentent lésés d’appartenir à une région à laquelle ils ne se sentent pas rattachés viennent aussi réclamer une région indépendante alors qu’ils « ne sont que deux », confie-t-il, tout en citant quelques-uns de ces régions et districts.
Après l’exposé présidentiel, les discours d’approbation se sont succédé. Les maires ont été invités à lever leur bras pour manifester leur acquiescement. Et ceux qui avaient réclamé que l’Ikongo soit rattaché à Vatovavy et non à Fitovinany ont été taxés d’égoïstes et accusés de ne chercher que leur intérêt personnel.
