DÉLESTAGE – Le ministre Andry Ramaroson demande aux abonnés de la Jirama de lui accorder « quelques mois » pour rétablir la situation de la Jirama à la normale
Antananarivo, 13 Juin, 6h40 – Les coupures tournantes d’électricité ne seront pas résolues d’ici peu. « Je vous mentirais si je vous disais que le problème du délestage sera réglé d’ici une semaine », admet le ministre de l’Energie et des hydrocarbures (MEH) Andry Ramaroson. C’est « une tâche qui nécessitera du temps », reconnaît-il. Aussi, « je vous demande de m’accorder quelques mois pour rétablir ce qui ne marche pas » , lance-t-il dans une vidéo spéciale publiée sur la page Facebook du ministère en fin de semaine dernière.
Les consommateurs doivent donc encore faire preuve de patience. La grogne est pourtant déjà montée d’un cran depuis le retour de la programmation du délestage tournant, notamment pour le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). Plusieurs quartiers se plaignent même que la durée de la coupure va au-delà de celle indiquée dans l’avis publié par la Jirama. C’est « un mécontentement qui est tout à fait compréhensible », tempère Andry Ramaroson qui se dit qu' »avant d’être ministre, je suis aussi abonné de la Jirama et je subis les délestages tout comme vous ».
Le ministre de l’Energie et des hydrocarbures explique alors que le problème de l’approvisionnement en électricité enregistré depuis des mois est surtout causé par le prix du carburant qui a doublé. « La charge supportée par la Jirama a augmenté. Cette société n’avait alors plus assez de moyens financiers pour les dépannages ou pour l’amélioration de ses services », a-t-il soutenu. Ainsi, trouve-t-il « normal » les services « médiocres » offerts par la compagnie nationale d’électricité.
Ce membre du gouvernement reproche néanmoins le retard accusé par l’équipe dirigeante de la société d’Etat dans la prise de mesures d’anticipation face à ces problèmes mais également dans la mise en œuvre des décisions déjà convenues entre la Jirama et le MEH. « Mais ce ne sont pas tous les collaborateurs au sein de la Jirama qui sont à la traîne », rassure-t-il.
Andry Ramaroson n’a par ailleurs pas manqué de soulever le problème de gestion de la Jirama. « La compagnie nationale ne doit plus être une société qui subit mais une société qui sait anticiper les problèmes qui se présentent. La Jirama doit donc être plus forte en matière de gestion », explique-t-il en soulignant que c’est seulement une fois que la Jirama aura fait ses preuves dans ce domaine qu’elle pourra espérer un appui financier de l’Etat. Étant une société appartenant à l’Etat, « la Jirama doit suivre la politique de l’Etat et non la volonté de ses employés », conclut-il.