La capitale togolaise a accueilli du 24 au 26 juin la deuxième édition des Rencontres africaines pour les ressources éducatives (RARE 2025). Un rendez-vous co-organisé par l’Institut français et l’UNESCO et devenu incontournable pour les acteurs de l’éducation et de la culture en Afrique francophone, mobilisés autour d’un même objectif : faire des ressources éducatives un levier puissant pour atteindre l’Objectif de développement durable 4 (ODD 4).
Parmi les 13 pays représentés, Madagascar s’est distingué par une participation active et remarquée, à travers une délégation multisectorielle rassemblant des représentants du ministère de l’Éducation, du ministère de la Communication et de la Culture, de la Bibliothèque nationale, d’associations de libraires et d’éditeurs, ainsi que des professionnels du livre jeunesse. L’équipe chargée de la coordination du projet Ressources éducatives à Madagascar était également présente, avec la coordinatrice nationale du projet.
Lors de la session sur les orientations stratégiques pour la production locale de ressources éducatives, Elisah Razafimanantsoa, directrice du développement des intrants scolaires, a présenté la feuille de route de Madagascar pour améliorer la qualité éducative à travers des contenus mieux adaptés. Elle a souligné l’importance d’un engagement institutionnel clair pour structurer l’action publique autour des ressources éducatives.
Dans la table ronde consacrée à la structuration de la chaîne du livre jeunesse, Patricia Ravoarimalala, responsable de la chaîne du livre au ministère de la Culture, a présenté l’expérience de concertation entre acteurs publics et privés. Elle a mis en avant les avancées réalisées grâce à l’adoption d’une charte professionnelle, qui a renforcé la régulation du secteur et favorisé une gouvernance plus claire. Mamimbahoaka Fetraniaina Rakotondrasoava, secrétaire général du ministère de la Communication et de la Culture, a appelé à dupliquer ce modèle dans d’autres pays africains, avec le soutien des partenaires.
Lors du panel consacré à la littérature jeunesse et aux contenus multilingues, Fanomezantsoa Razafimamonjiraibe, des Éditions Teny, est revenue sur la richesse des productions locales et sur l’importance d’une littérature qui valorise les langues nationales, les savoirs endogènes et l’imaginaire des enfants.
Dans la session dédiée à la formation des enseignants, Nicomed Benaivoharison Andrianomenjanahary, directeur du développement de la formation initiale à l’Institut national de formation pédagogique, a mis en lumière l’expérience des coins de lecture introduits dans les classes, ainsi que les formations mises en place pour aider les enseignants à animer ces espaces de façon pédagogique.
Enfin, Féno Andrianiriana, directeur des systèmes d’information du ministère de l’Éducation nationale, a présenté un état des lieux des ressources éducatives à partir du système de gestion de l’information (SIGE), en montrant comment les données peuvent orienter les décisions stratégiques en matière de production et de diffusion.
Par ailleurs, Madagascar participe activement à plusieurs activités du projet Ressources éducatives : appui à la stratégie nationale de production et de diffusion des ressources éducatives, analyse diagnostique des systèmes d’information sur la gestion de l’éducation (SIGE/RE), évaluation de la qualité des manuels scolaires, déploiement d’une base de données documentaires, formation à l’utilisation et à l’élaboration des manuels scolaires, structuration de la chaîne du livre, développement de bibliothèques mobiles, contribution au renforcement des capacités des acteurs nationaux et intégration des données dans les outils de planification sectorielle.
Les RARE 2025 ont également marqué le lancement de la campagne régionale « Lire change tout », portée par le projet Ressources éducatives mis en œuvre par l’UNESCO et l’Institut français, avec l’appui de l’Agence française de développement. Cette campagne accompagnera dans les mois à venir les 13 pays partenaires, pour valoriser la lecture sous toutes ses formes, du livre papier au livre numérique, en passant par le podcast, dans les écoles, les maisons et les bibliothèques.
Cette forte implication de Madagascar illustre une volonté affirmée : transformer les échanges régionaux en actions concrètes, faire circuler les idées, et bâtir des synergies durables pour une éducation de qualité, accessible et adaptée aux contextes locaux.
