DETTES – Le ministère des Finances indique avoir reçu 4,168 milliards de dollars d’offre de financement

Antananarivo, 14 Mars, 7h15 – Il semblerait que les prêteurs se bousculent pour prêter de l’argent à Madagascar et pour financer ses projets. Le ministère de l’Economie et des finances (MEF) indique avoir reçu 4,168 milliards d’offres de financement à l’heure actuelle. Mais ce département assure ne pas avoir l’intention de dépasser le plafond de dette que Madagascar peut contracter et qui a été convenu avec le Fonds monétaire international (FMI). Ce plafond est fixé à 800 millions de dollars par an depuis la mise en œuvre du programme sur la Facilité élargie crédit (FEC) avec cette institution de Bretton Woods, rappelle la ministre Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, en conférence de presse, lundi.

 

Madagascar a convenu avec le FMI, dans le cadre de ce programme triennal, de maintenir le « plafond des nouvelles dettes extérieures contractées ou garanties par le Gouvernement et la Banque centrale de Madagascar (BCM) à 800 millions de dollars, vu la situation de la Grande île, considérée comme « plus vulnérable aux emprunts extérieurs ». Le MEF estime dans le document budgétaire annexé au projet de Loi des finances 2023 que le respect de ce plafond d’endettement devrait permettre à Madagascar de maintenir son risque de surendettement à un niveau « modéré ».

 

La gestion de la dette publique est une des critères sur lesquelles les autorités malgaches auraient enregistré leur meilleure performance dans le cadre de la troisième revue de la FEC, précise la ministre Rindra Rabarinirinarison. Le FMI suit d’ailleurs de près ce volet dans son évaluation, insiste-t-elle. Aussi, « nous ne pouvons pas contracter des prêts comme bon nous semble. Il y a des engagements à tenir, que ce soit en termes de plafond qu’en termes de condition », a-t-elle exposé. Le non-respect des conditions imposées par le FMI pourrait d’ailleurs conduire à la suspension de la coopération avec cette institution financière, lance Rindra Rabarinirinarison.

 

Le MEF indique dans sa stratégie de la dette à moyen terme (SDMT) 2023-2025, que pour ce qui est des sources de financement extérieur, les bailleurs de fonds traditionnels, comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne d’investissement (BEI) ou encore le FIDA restent les « partenaires privilégiés » de Madagascar pour la mobilisation des prêts concessionnels et semi-concessionnels. Pour ce qui est de ses partenaires bilatéraux, Madagascar mise sur le Japon, la France, l’Inde ou la Chine.

 

Mais le recours davantage aux prêts non concessionnels est également inévitable, d’après ce document, compte tenu de « l’importance des investissements nécessaires à l’émergence de Madagascar ». Le MEF s’appuie sur la notation de l’agence Standard and Poor’s qui a attribué la note B-/B avec une perspective positive pour accéder aux marchés des capitaux internationaux.

 

Pour ce qui est des sources de financement intérieures, les Bons de trésor par adjudication (BTA), les avances statutaires et les titres de bon de trésor constituent les principaux instruments de financement. L’émission de nouveaux titres à plus longue maturité, allant jusqu’à dix ans, est même avancée.