Comment l’Union africaine et les Nations unies accompagneront-elles la concertation à Madagascar ? La question est au cœur de la mission conjointe que les deux organisations mènent sur la Grande île et qui a démarré lundi. Pour avoir les réponses, les missionnaires vont, pendant cinq jours, “écouter les différentes parties prenantes et recueillir leurs perspectives sur la situation actuelle du pays”. Les échanges leur permettront alors “d’identifier les facteurs de confiance et les préoccupations majeures, ainsi d’examiner les conditions susceptibles de favoriser un processus politique inclusif et crédible”, précise leur communiqué conjoint.
Les deux organisations n’entendent cependant pas imposer quoi que ce soit. Dans leur communiqué, elles disent “réaffirmer leur attachement au principe d’appropriation nationale du processus”. La mission devrait alors juste voir comment l’Union africaine et les Nations unies peuvent “accompagner les efforts conduits par les acteurs malgaches afin de favoriser un dialogue constructif, renforcer la confiance entre les parties et soutenir l’émergence de solutions durables portées par les Malgaches eux-mêmes”. Dans son communiqué rapportant la rencontre de la délégation avec la ministre des Affaires étrangères, le ministère insiste d’ailleurs sur le fait que cet accompagnement se fera “dans le respect de la souveraineté nationale et des priorités définies par Madagascar”.
Conduite par Mohamed Idriss Farah, Envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine, la mission comprend également Marcel Akpovo, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, ainsi que des experts des deux organisations. Selon le communiqué conjoint, les membres de la délégation mèneront des consultations avec les autorités nationales, les institutions de la Refondation, les responsables politiques, les anciens chefs d’État, les organisations de la société civile, les représentants des femmes et des jeunes, les acteurs religieux, le secteur privé ainsi que les partenaires internationaux.
La mission s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre l’Union africaine et les Nations unies en matière de prévention des conflits, de consolidation de la paix, de gouvernance démocratique et de transitions politiques inclusives en Afrique.
