Antananarivo, 30 Août, 8h55 – L’envoi des fonds par les migrants à destination de Madagascar s’élevait à 417,7 millions de dollars en 2023. Leur contribution avait représenté 2,6% du PIB du pays, d’après un rapport de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM).
La BFM définit les envois de fonds comme étant « des revenus envoyés par des personnes, en déplacement temporaire ou permanente dans une économie étrangère, aux ménages restés au pays ». L’autorité monétaire explique qu’Il peut s’agir « de particuliers qui ont migré dans une économie étrangère et dont ils sont devenus résidents, ou de rémunérations de travailleurs à court terme qui sont employés dans une économie dont ils ne sont pas résidents ».
Les fonds que ces migrants ont envoyés à Madagascar l’année dernière est cependant en dessous de ce qu’ils ont transféré durant l’année précédente. En 2022, leurs envois s’élevaient à 451,2 millions de dollars, soit l’équivalent de 2,9% du PIB, indique la Banque centrale. Cette contribution au PIB est d’ailleurs la moyenne du poids des envois de fonds dans l’économie de Madagascar ces dernières années, fait noter la BFM.
Une contribution à 3,4% du PIB avait toutefois été enregistrée avec les 443,5 millions de dollars que ces migrants avaient envoyés en 2020, année marquée par la crise sanitaire du Covid-19. Leurs envois ont même atteint 543,1 millions de dollars en 2021, l’équivalent de 3,8 % du PIB. Cette performance s’expliquait par les aides envoyées par des non-résidents à des résidents, particulièrement par les migrants au profit de leur famille pour faire face à la pandémie, rapporte la BFM.
D’après la Banque mondiale, les remises migratoires à destination de l’Afrique subsaharienne ont atteint 54 milliards de dollars. Elles ont contribué à soutenir le compte courant de plusieurs pays africains en proie à l’insécurité alimentaire, à la sécheresse, aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, aux inondations ou encore aux difficultés liées au service de la dette. La Gambie, le Lesotho, les Comores, le Libéria et Cabo Verde sont parmi les pays les plus dépendants des envois de fonds des migrants, d’après cette institution de Bretton Woods.
Pour Madagascar, la BFM fait remarquer qu’il n’y a pas encore d’étude approfondie sur les impacts réels de ces fonds des migrants sur l’économie malgache. La Banque centrale signale également l’inexistence de politique affirmée pour promouvoir les envois de fonds à Madagascar.
La Banque centrale avance néanmoins des mesures pouvant promouvoir ces envois de fonds. Elle préconise entre autres des mesures d’incitation et d’encouragement de la diaspora à transférer plus d’argent vers leur pays d’origine, des mesures d’incitation pour les fintech œuvrant dans les transferts d’argent, l’amélioration des infrastructures financières en général ou encore la mise en place de plateformes numériques innovantes, permettant des transferts instantanés et à moindre coûts et sécurisés.
