DIPLOMATIE – La SADC appelle Madagascar à respecter le calendrier des réformes et installe un bureau de liaison à Antananarivo

Madagascar rappelé à l’ordre. Le sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tenu lundi par visioconférence invite les autorités malgaches à mener des réformes inclusives menées selon un calendrier clair, précis et transparent. Il annonce la mise en place d’un bureau de liaison à Antananarivo chargé de coordonner les activités de la SADC à Madagascar pour accompagner et suivre ce processus.

 

Dans son communiqué final, le sommet “exhorte” le Colonel Michaël Randrianirina, qu’il qualifie de “président du mouvement Refondation” et qui a pris part aux travaux, “à respecter son engagement en faveur de réformes claires, assorties d’un calendrier précis, transparentes, ouvertes à toutes les parties prenantes malgaches et largement diffusées dans les langues nationales”. L’objectif, insiste la SADC, est “d’assurer une large participation et une acceptation des résultats auprès de la population malgache”.

 

Pour la SADC, ces réformes passent ainsi par “un dialogue inclusif” et “des consultations nationales” menés de façon “impartiale” dans le “respect de la Constitution” aussi bien par le gouvernement que par le Conseil oecuménique des eglises chrétiennes (FFKM) et l’ensemble des parties prenantes. Elle appelle alors à “la libération des prisonniers politiques, la fin des arrestations arbitraires des dirigeants de l’opposition et des membres de la Génération Z, ainsi que le retour au pays des exilés politiques”.

 

Dans son communiqué, la SADC rappelle que les réformes menées doivent permettre “le rétablissement de l’ordre constitutionnel” et conduire à “la mise en place d’un gouvernement démocratiquement élu, respectueux de la volonté du peuple malgache”. Il souligne également la nécessité de mener l’ensemble du processus dans le cadre du respect de l’Etat de droit et de la gouvernance démocratique.

 

Réaffirmant “son soutien au peuple malgache dans ses efforts visant à instaurer la paix, la stabilité, l’ordre constitutionnel et le développement durable”, la SADC entend renforcer son accompagnement. Après la période d’établissements des faits, elle élargit le mandat du Comité des anciens à la réconciliation, la réforme électorale et les préparatifs du référendum et les élections législatives. Elle installe également un bureau de liaison à Antananarivo en vue de “coordonner les activités menées dans le cadre de cet appui régional” et de suivre de près l’évolution du processus de réformes.

 

Dans sa feuille de route transmise en février à la SADC, Madagascar s’était engagé à boucler le processus des réformes de la gouvernance électorale en décembre 2026 et celui des consultations dans le cadre de la concertation nationale en janvier 2027. Son objectif était d’organiser les premiers scrutins, notamment le référendum constitutionnel, en mai – juillet 2027, puis la présidentielle en octobre 2027. Mais ce calendrier a été récemment réaménagé de façon à permettre au FFKM, chargé de l’organisation de la concertation nationale, de mieux en préparer l’organisation.