DIPLOMATIE – Pékin complimente les pays africains qui ont refusé le permis de survol de leur espace aérien par l’avion du dirigeant taïwanais

Antananarivo, 23 Avril, 7h30 (Avec AFP) – “Un bon point” décerné par la Chine pour Madagascar, mais aussi Maurice et les Seychelles. La Chine complimente les pays qui ont contraint le dirigeant taïwanais Lai Ching-te à reporter un voyage officiel en Eswatini. Ces trois pays de l’océan Indien ont refusé que l’avion qui devait transporter le leader taïwanais survole leur espace aérien.

« Les pays qui adhèrent au principe d’une seule Chine agissent en parfaite conformité avec le droit international (…) La Chine adresse ses vifs compliments », réagit mercredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.

Pour Taïwan, les Seychelles, Maurice et Madagascar ont révoqué « sans préavis » les permis de survol de l’avion du président taïwanais, après une « pression intense » de Pékin, notamment économique. Pour Madagascar, cette décision de “refus de survol” a été prise en conformité avec “son adhésion au principe d’une seule Chine” et “dans le respect de sa souveraineté sur son espace aérien”.

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle se dit partisane d’une solution pacifique mais n’exclut pas de recourir à la force pour prendre le contrôle de l’île, gouvernée par un système démocratique.

Régulièrement vilipendé par Pékin qui le considère comme un séparatiste, Lai Ching-te devait se rendre en Eswatini, du 22 au 26 avril, à l’occasion du 40e anniversaire de l’accession au trône du roi Mswati III. Mais en l’absence des permis de survol, il a dû reporter sa visite.

L’Eswatini, anciennement connu sous le nom de Swaziland, fait partie des 12 pays qui reconnaissent encore la « République de Chine » (le nom officiel de Taïwan). La « République populaire de Chine » (le gouvernement communiste basé à Pékin) est reconnu par l’ONU et par les autres pays du monde comme le seul représentant officiel de la Chine.

« Nul ne peut s’opposer au courant historique qui conduit vers l’inéluctable réunification de la Chine », indique le porte-parole de la diplomatie chinoise. « Il n’existe plus depuis longtemps dans le monde un quelconque ‘président de la République de Chine’. Quiconque cherche à abuser les gens en se prévalant d’une telle identité est à rebours de l’histoire et se couvre de honte », affirme-t-il.

Depuis 2016, la direction de Taïwan est détenue par le Parti démocrate progressiste (DPP), au credo indépendantiste, ce qui a contribué à tendre les relations entre Pékin et Taipei.