Antananarivo, 11 Novembre, 12h05 – Le Groupement des aquaculteurs et pêcheurs de crevettes de Madagascar (GAPCM) lance un cri de survie. Cinq sociétés crevettières pourraient entrer en faillite l’année prochaine, avec la persistance de ce que cette organisation professionnelle qualifie d’“l’injustice fiscale”. Une situation que la porte-parole de ce Groupement avait exposé lors de la rencontre entre les représentants du secteur privé et les parlementaires de la Chambre basse, lundi.
Le fonds du problème pour ces aquaculteurs réside dans la Loi de Finances 2024 qui, en supprimant la franchise sur le carburant, a créé une “inéquité fiscale” criante, explique-t-elle. La représentante du GAPCM rappelle que les membres de ce Groupement avaient bénéficié d’une franchise de droits et taxes sur l’équipement des navires de pêche. Cette franchise couvrait l’ensemble des équipements et matériels nécessaires à la maintenance des navires, et plus particulièrement les carburants destinés à leur propulsion.
Mais depuis l’année dernière, la franchise de droits et taxes sur les équipements des navires, en particulier le carburant de propulsion a été supprimée pour ces aquaculteurs, selon leur rapport. Or, contrairement aux transports terrestre et aérien, la TVA sur le carburant de leurs navires de pêche est depuis non éligible à la déductibilité ou au remboursement, créant un désavantage compétitif intenable. Et malgré une demande formulée dès 2024, le rétablissement de cette franchise n’a pas été inclus dans la première version du PLFI 2026, déplore la porte-parole du GAPCM.
La filière crevettière est ainsi en crise. Le GAPCM estime que cinq de ses entreprises devraient être en situation de faillite d’ici 2026. Les entreprises opérant dans la pêche et l’aquaculture de crevettes risquent même l’extinction totale d’ici 2027 si la reprise de la franchise venait à ne pas être accordée, alerte sa porte-parole.
Le GAPCM appelle donc à une action législative urgente pour corriger cette situation qu’il qualifie d’inéquité fiscale, et qui menace directement la survie du secteur. Et le rétablissement de cette mesure est justifiée par le fait que le secteur de la pêche et de l’aquaculture de crevettes est l’un des plus importants contributeurs à l’économie bleue de la Grande île. Ce Groupement rapporte avoir généré des devises à hauteur d’environ 115 milliards d’ariary pour la seule année 2024. Ses membres se sont également acquittés de droits et taxes s’élevant à 12 milliards d’Ariary, un montant qui a augmenté de 600 % depuis le début de notre processus de réforme en 2021 et ont payé 12,8 milliards d’Ariary en impôts pour l’État, rapporte le GAPCM.
