Antananarivo, 19 Octobre, 12h05 – Andry Rajoelina estime qu’il n’y a plus lieu de discuter sur sa nationalité. « Le débat est clos car la Haute cour constitutionnelle a rendu sa décision », souligne-t-il au cours d’une interview accordée aux chaînes publiques françaises France 24 et RFI mercredi soir. Pour le président sortant, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un « problème posé par les politiciens » qui « essaient de trouver des arguments » pour faire en sorte que les élections ne se tiennent pas et que le pays entre en transition.
A l’entendre, « les arguments avancés par l’opposition ne tiennent pas debout » dans la mesure où « la binationalité est acceptée » à Madagascar. Il souligne d’ailleurs que nombre de chefs d’Etat possèdent une double nationalité, et il cite quelques noms de dirigeants étrangers ayant une origine étrangère. Il se dit lui-même comme étant un descendant de binational, par son « arrière-grand-père qui a acquis la nationalité française en 1932 ». C’est d’ailleurs ce lien de parenté qu’il a mis en avant pour évoquer son droit à la nationalité française, et pour justifier qu’il ait demandé « la naturalisation par filiation ».
Dans leurs arguments, les opposants mettent surtout en avant le fait que le président malgache a demandé à se faire naturaliser français en 2014. Ils s’appuient notamment sur l’article 42 qui prévoit que « Perd la nationalité malgache, le Malgache majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère ». Mais au-delà de la nationalité qu’il affirme avoir « acquise par filiation », Andry Rajoelina met également en avant la nécessité d’un décret déclarant la perte de la nationalité, et à l’entendre, « aucun décret déclarant la perte de la nationalité en application de l’article 42 n’a été pris depuis son application ». La plupart des décrets de perte de nationalité signés par les autorités malgaches ont surtout été adoptés suite à une demande d’autorisation formulée par les intéressés eux-mêmes.