Antananarivo, 7 Mars, 19h20 – Idah Z. Pswarayi-Riddihough revient à la charge. Pour défendre le tarif Optima, la directrice des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar met en avant la baisse tarifaire dont bénéficient 77% des abonnés de la Jirama, mais aussi le montant que la Jirama pourrait gagner en faisant payer aux abonnés les plus riches un tarif plus élevé que ce qu’ils ont toujours payé. Dans une tribune envoyée à la presse ce dimanche, elle parle d’une augmentation des recettes de la compagnie à hauteur de 95 milliards d’ariary.
Si l’on en croit les chiffres de la directrice des opérations de la Banque mondiale, ces abonnés résidentiels les plus riches, qui constituent 7% de la clientèle de la Jirama, consomment 20 fois plus d’électricité par mois. Une consommation telle que, même si ces clients paient encore 20% moins cher que le prix réel leur surplus de consommation, et même si le tarif baisse pour 77% des abonnés, la compagnie peut encore faire plus de recettes.
Ces 7%, rappelle Idah Z. Pswarayi-Riddihough, ne correspondent qu’à 1% de la population malgache. Avec le tarif Optima, ils verront des augmentations de plus de 25% sur leur facture. Dans la mesure où ils consomment régulièrement plus de 300 kWh, le plafond de la première tranche sur les catégories tarifaires confort et superconfort, ils doivent payer 764 ariary au lieu de 370 ariary à partir du 301ème kWh.
Dans sa tribune, la directrice des opérations de la Banque mondiale insiste également sur les subventions dont ont toujours bénéficié ces gros consommateurs d’énergie avec l’application d’une tarification injuste et inefficace. Elle ne revient certes pas sur les 3.700 milliards d’ariary de déficit opérationnel de la compagnie nationale, mais elle soulève que « ce sont tous les Malgaches, même ceux sans électricité, qui paient le prix de la tarification actuelle ».
Idah Z. Pswarayi-Riddihough met plutôt l’accent sur les 800 milliards d’ariary de subventions allouées à la Jirama en 2020. « Plus que le budget alloué au secteur de la santé », souligne-t-elle. « 15 fois plus élevé que le montant affecté au ministère de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme ». « Une situation inacceptable », conclut-elle.