Antananarivo, 10 Mai, 21h30 – Une alternative qui reste inexploitée. L’ambassadrice de l’Union Européenne (UE), Isabelle Delattre Burger, regrette que les accords sur les grands barrages hydroélectriques de Volobe et de Sahofika ne soient pas encore bouclés. C’est une situation qui constitue un des freins aux activités économiques, surtout par rapport aux problèmes des infrastructures énergétiques soulevés par les groupements des entreprises, soulève-t-elle face à la presse lundi. L’Union européenne attend ainsi avec impatience le bouclage des contrats sur ces projets, confie cette ambassadrice.
Dans son Document stratégie pays 2022-2026 pour la Grande île, la Banque africaine de développement (BAD) signale aussi que ces projets d’infrastructures hydroélectriques développés par le biais des Partenariats publics-privés accusent des retards importants. Le représentant de cette banque à Madagascar, Adam Amoumoun, se disait en tout cas optimiste quant à l’engagement du Gouvernement malgache dans ces grands projets d’investissements vers la fin du mois de février de cette année.
L’explication qui avait été avancée par le ministre de l’Energie, Solo Andriamanampisoa, pour justifier ce retard dans la prise de décision est « la nécessité de temps » pour les points qui restent toujours à affiner. Pour ce membre du gouvernement, ce « temps » est nécessaire pour permettre à l’Etat de parvenir à des contrats qui seront « bénéfiques pour les générations futures » avec les promoteurs des projets hydroélectriques de Volobe et de Sahofika. Le ministre de l’Energie parle entre autres de discussions notamment sur le volet financier, également au mois de février.
Pour Volobe, la durée de la concession et du prix du kilowatteheure ont toujours fait l’objet de surenchères. D’autres sujets comme le coût de construction de sa centrale, la capacité d’absorption des énergies produites par la Jirama ou encore le souhait de l’Etat à entrer dans le capital de la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV) se présentent aussi comme des points d’achoppement.
Le projet Sahofika, quant à lui, reste toujours en suspens, alors que son contrat de concession avait déjà été officiellement signé au Palais d’Etat d’Iavoloha au mois de novembre 2021. Il était convenu que la durée de concession de son promoteur est de 25 ans. Le coût moyen du kilowattheure de l’électricité qui sera produite par Sahofika est pour sa part de 5,13 centimes d’euros.
L’Etat avait annoncé au mois de décembre 2022 un vaste projet d’opérationnalisation de centrales hydroélectriques, avec une projection de production de 502 mégawatts supplémentaires dans les cinq prochaines années. Ce projet comprend Sahofika et Volobe, mais aussi Antetezambato, Mandraka III et Farahantsana.
