ENVIRONNEMENT – La ministre de l’Environnement déclare l’urgence de trouver des solutions face à la menace de disparition du microcèbe de Mme Berthe, le plus petit primate au monde
Antananarivo, 20 Septembre, 16h00 – L’appel du professeur Jonah Ratsimbazafy semble avoir été entendu. Le primatologue, président du Groupe d’études et de recherche sur les primates (Gerp) de Madagascar, a été reçu par Marie Orléa Vina, ministre de l’Environnement et du développement durable, lundi après-midi. L’entretien a été l’occasion pour la ministre d’annoncer « l’urgence de trouver des solutions face aux menaces d’extinction du microcebus berthae », le plus petit primate au monde, une espèce endémique à Madagascar. « La ministre partage l’avis du professeur Jonah Ratsimbazafy », souligne le communiqué du ministère rapportant l’entretien.
Il y a quelques semaines, cette espèce, connue sous le nom de lémurien-souris de Mme Berthe est entrée dans la liste des 25 primates les plus menacés au monde. Faisant partie des auteurs de l’étude, le professeur Jonah Ratsimbazafy n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme sur le risque encouru par cette espèce. Il a notamment pointé du doigt la déforestation dans l’aire protégée Menabe Antimena où se trouve la forêt Kirindy, habitat naturel de microcèbe de Mme Berthe.
Le président du Gerp, également président de la société internationale des primatologues est d’autant plus inquiet que « cette espèce ne se trouve dans aucun parc ni dans aucun zoo du monde ». « S’il n’y en a plus dans le Menabe Antimena, cela veut dire que cette espèce aura complètement disparu », s’indigne-t-il.
A l’entendre, l’espèce ne figurait déjà plus dans une étude réalisée en 2018 par des chercheurs allemands de l’Université de Göttingen. Ne voulant cependant pas perdre espoir, le professeur Jonah Ratsimbazafy évoque la nécessité d’études plus approfondies pour vérifier l’extinction totale de l’espèce. « Sauf que le site où se trouve le lémurien-souris de Mme Berthe continue de brûler », poursuit-il, craignant désormais que cette espèce découverte 30 ans plus tôt ait effectivement complètement disparu.
Photo : Ministère de l’Environnement et du développement durable