À la 17ᵉ session de la Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), qui se tient à Oulan-Bator, en Mongolie du 17 au 28 août, la Grande Île met en avant son Plan d’investissement sécheresse comme un outil stratégique pour renforcer la résilience des communautés et faciliter l’accès à de nouveaux mécanismes de financement internationaux. Présent à cette conférence, le ministre de l’Environnement et du développement durable, Nolave Luck Aristide Andriatsihala, a insisté sur la nécessité de bâtir des partenariats fondés sur les besoins réels du pays et de ses communautés.
Lors du Dialogue ministériel de haut niveau, Nolave Luck Aristide Andriatsihala a déclaré que la résilience à la sécheresse ne doit pas reposer uniquement sur des interventions d’urgence lorsque les crises surviennent, mais sur des investissements anticipés dans les capacités des populations à y faire face. “La résilience à la sécheresse ne se construira pas en finançant les communautés après chaque crise, mais en investissant dans leur capacité, celle des femmes, des jeunes et des enfants, avant que la prochaine sécheresse n’arrive”, a-t-il indiqué.
Dans cette perspective, Madagascar a présenté son plan d’investissement sécheresse, élaboré avec le mécanisme mondial de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. Ce plan ne constitue pas seulement un outil de planification. Il doit également permettre à Madagascar de mieux se positionner pour accéder à de nouveaux mécanismes de financement dédiés à la résilience à la sécheresse.
D’après le ministère, Madagascar figure parmi les trois pays pilotes retenus pour l’élaboration de ce type de plan, aux côtés du Zimbabwe et du Mozambique. Cette démarche intervient dans le cadre du Partenariat mondial de Riyad pour la résilience à la sécheresse et des Drought Investment Facilities, développées avec le soutien du Luxembourg.
L’enjeu est donc de transformer les priorités nationales en projets et investissements suffisamment structurés pour pouvoir mobiliser les ressources disponibles auprès des partenaires et des mécanismes internationaux. Le pays souligne toutefois que la question ne se limite pas au volume des financements mobilisés. Selon le ministre, leur utilisation efficace, inclusive et directement connectée aux besoins des communautés constitue également un enjeu majeur. L’implication des populations locales, ainsi que la prise en compte des femmes et des jeunes, sont ainsi placées au cœur de l’approche défendue par Madagascar.
En parallèle du Plan d’Investissement Sécheresse, Madagascar élabore également un plan national sécheresse afin de mieux anticiper et gérer les impacts de la sécheresse. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du neuvième cycle du Fonds pour l’environnement mondial (FEM-9), qui comprend un programme consacré aux terres arides et à la sécheresse.
Madagascar bénéficiera par ailleurs d’une allocation de 27,17 millions de dollars au titre du Système transparent d’allocation des ressources (STAR) du FEM-9. Cette enveloppe constitue une opportunité pour renforcer les investissements dans la lutte contre la désertification, la restauration des écosystèmes et la résilience des communautés.
A la COP17, Madagascar plaide enfin pour des financements internationaux plus transparents, accessibles et prévisibles, ainsi que pour un renforcement des capacités nationales et un transfert effectif de technologies. L’objectif est de passer d’une réponse principalement fondée sur la gestion des crises à une approche davantage axée sur l’anticipation et l’investissement dans la résilience.
