EPIDEMIE – Le ministère de la Santé publique dit surveiller de près l’évolution du variant Delta et affirme se préparer à toute éventualité

Antananarivo, 5 Juillet, 8h25 – Madagascar n’entend plus se laisser surprendre par l’arrivée d’un autre variant du coronavirus. Si l’on en croit le professeur Hanitrala Jean Louis Rakotovao, ministre de la Santé publique, la Grande île est dans une « expectative armée » par rapport au variant Delta qui frappe actuellement 85 pays et qui a commencé à atteindre certains pays voisins. « Nous surveillons de près le variant Delta et son évolution et nous nous préparons à toute éventualité », a-t-il déclaré vendredi devant les députés lors de la séance de questions réponses qui s’est tenue à Ivato.
Le ministre ne s’est pourtant pas étendu sur la manière dont les autorités comptent surveiller une éventuelle entrée du variant Delta, anciennement appelé variant indien, à Madagascar. Pour l’instant, Madagascar n’est pas encore doté de l’appareil permettant d’effectuer le séquençage du virus et de découvrir les variants. Le président de la République avait exhorté le ministère de la Santé à en doter le Laboratoire des analyses médicales (LA2M) mais deux mois plus tard, la machine n’est pas encore arrivée.
Quoi qu’il en soit, les autorités ont visiblement retenu les leçons de la deuxième vague et du variant sud-africain, désormais appelé variant Beta. Alors que la souche mutante provenant de l’Afrique du Sud avait commencé à atteindre les pays africains et voisins de Madagascar en Janvier et Février, les responsables, dont le ministre de la Santé, ont plusieurs fois assuré que « la deuxième vague ne frappera pas Madagascar ». Le gouvernement a ainsi axé ses actions sur la préparation d’une stratégie en vue de faire face à d’éventuelles contaminations en hiver. Il a fallu attendre une hausse des cas en Mars et la confirmation de la présence du variant sud-africain au pays pour que de nouvelles mesures, telle que la fermeture de l’aéroport de Nosy Be, une plus grande fermeté dans la surveillance des passagers provenant de l’étranger, ou encore l’importation de 2.000 bouteilles d’oxygène, soient prises.
Photo : Ministère de la Santé publique