Les recettes fiscales recouvrées par l’État avaient atteint 2 158 milliards d’ariary au cours des trois premiers mois de cette année. Un résultat qui reflète la performance combinée du recouvrement des recettes fiscales intérieures et des recettes douanières à fin mars 2026, et qui est rapporté dans le Compte rendu de l’exécution budgétaire pour ce premier trimestre.
Cette performance marque un léger recul de 2,1 points par rapport à la même période en 2025, où le taux était de 21,3 %, si l’on en croit ce rapport de la direction générale du Budget et des finances (DGBF). Et cette baisse est principalement enregistrée auprès de la direction générale des Douanes (DGD), dont le taux de réalisation a chuté de 22,0 % à 17,0 %. Le recouvrement douanier avait accusé un net recul, totalisant 860 milliards d’ariary. Le taux de réalisation une baisse significative de 5,3 points par rapport au premier trimestre 2025, où il atteignait 22,0 %.
La DGBF explique cette régression au premier trimestre 2026 pour la Douane par une double conjoncture défavorable, à la fois logistique et économique. Ce département parle d’une part, du passage du cyclone Gezani qui avait lourdement pesé sur les échanges commerciaux en endommageant les infrastructures portuaires, et perturbant ainsi le flux normal des importations. Et d’autre part, l’administration douanière avait subi l’impact de la baisse des cours mondiaux des produits pétroliers par rapport à 2025, avec une diminution de 10 % pour le supercarburant et de 8 % pour le gazole. Ce qui a mécaniquement réduit les droits et taxes perçus sur ces produits stratégiques.
À l’inverse, les recettes issues des Impôts font preuve de résilience avec un taux de 20,9 %, un résultat légèrement supérieur et globalement stable par rapport à l’année précédente. Les recettes recouvrées par la direction générale des Impôts (DGI) se sont établies à 1 298 milliards d’ariary collectées. Cette progression repose sur une dynamique contrastée. Elle est principalement portée par la bonne tenue de catégories clés telles que l’Impôt sur les revenus, l’Impôt sur les revenus salariaux et assimilés (IRSA), l’Impôt synthétique ou encore la Taxe sur la valeur ajoutée. Cette performance globale est toutefois partiellement freinée par le repli de certains prélèvements. C’est le cas notamment au niveau des revenus de capitaux mobiliers (IRCM), des plus-values immobilières (IPVI), des droits d’enregistrement et des droits de timbres.
Pour l’ensemble de l’exercice, la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026 a fixé un objectif de 11 247,7 milliards d’ariary de recettes fiscales totales. Ce montant repose sur une prévision de 6 221,7 milliards d’ariary au titre des recettes fiscales intérieures (DGI) et de 5 026 milliards d’ariary pour les recettes douanières (DGD).
Toutefois, ces objectifs de départ pourraient être réajustés prochainement. Le gouvernement a en effet annoncé l’élaboration d’une loi de Finances rectificative (LFR), une révision budgétaire rendue nécessaire par l’évolution du contexte économique national et international.
