2,6 milliards de dollars. C’est la valeur des exportations malgaches en 2024. Mais une réalité territoriale ultra-concentrée se cache derrière cette performance macroéconomique, avec une activité concentrée dans trois zones, à savoir Antananarivo, Vatomandry et Toamasina. Un fait exposé dans l’Évaluation rapide de la valeur ajoutée et de la diversification au sein et au-delà de la chaîne de valeur des minerais essentiels à la transition énergétique, faite par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced).
Ce trio stratégique, composé d’Antananarivo (31,8 %), Vatomandry (21,2 %) et Toamasina (18,1 %), capte à lui seul plus de 71 % de la valeur globale des marchandises exportées durant cette période sous revue. Sur les 2,6 milliards de dollars générés par la Grande Île en 2024, la très grande majorité des flux commerciaux dépendait directement de l’activité combinée de ces trois poumons économiques, expose la Cnuced.
Dans le détail, Antananarivo mène la danse avec 813,1 millions de dollars d’exportations, portées en grande partie par le secteur textile. Plus de la moitié des ventes était constituée par l’habillement et la bonneterie. Vatomandry suit avec 542,3 millions de dollars, une performance presque entièrement adossée au nickel. Quant à Toamasina, avec 464,5 millions de dollars, son panier est plus diversifié. Les épices en constituent près de la moitié, complétées par les huiles essentielles et les matières minérales.
En dehors de ce trio de tête, Toliara se distingue avec 246,6 millions de dollars largement dominés par les minerais. Antalaha, pour 130,5 millions de dollars, misait pour sa part la quasi-totalité de ses revenus sur son produit phare que sont les épices.
Au-delà des grands pôles, les zones de plus petite taille misent sur une spécialisation très marquée. C’est le cas de Mahajanga qui a engrangé 136,8 millions de dollars et de Sainte-Marie gagnant 3,2 millions de dollars, dont la force repose essentiellement sur les produits de la mer, mais complétés à Mahajanga par les pierres et métaux précieux. Antsiranana (120,1 millions de dollars) tire quant à elle sa richesse du cacao, qui représente la moitié de ses ventes, ainsi que des produits halieutiques.
La filière des épices dicte par ailleurs la dynamique dans le Nord-Est. Elle constitue l’immense majorité des exportations de Sambava, avec 65,8 millions de dollars, soutenus par les extraits végétaux et la quasi-totalité de celles de Vohemar pour 14,8 millions de dollars.
