Madagascar pourrait espérer le décaissement d’environ 183 millions de dollars de la part du Fonds monétaire international (FMI), à l’issue de l’achèvement des troisième et quatrième revues des programmes sur la Facilité élargie de crédit (FEC) et sur la Facilité de la résilience et de la durabilité (FRD). Le déblocage de la somme devrait toutefois se faire sous réserve d’un accord avec les autorités sur ces revues et de l’approbation ultérieure par le Conseil d’administration du FMI prévue au mois de juin, indique le chef de mission de cette institution de Bretton Woods pour Madagascar, Constant Lonkeng Ngouana lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi.
Les services du FMI et les autorités malgaches ont eu plusieurs rencontres ces dernières semaines au sujet des troisième et quatrième revues combinées de la FEC et de la FRD. Quelques points techniques doivent toutefois encore être harmonisés dans les semaines à venir. Une fois cet accord finalisé et validé par le conseil d’administration du FMI, un décaissement de 183 millions de dollars sera libéré. Cette aide financière sera directement injectée dans le budget de l’État pour soutenir les réformes, répondre aux chocs climatiques et financer les priorités de développement du pays, avance-t-il.
Concernant le bilan de la mission de revue que les services du FMI avaient menée à Madagascar, Constant Lonkeng Ngouana révèle une exécution budgétaire contrastée. Si le Gouvernement a réussi à maintenir ses objectifs de déficit, plusieurs faiblesses structurelles ont été signalées, dont sa faible pression fiscale. Les recettes fiscales collectées l’année dernière ont d’ailleurs été nettement inférieures aux engagements initiaux. Un retard très important dans les dépenses d’investissement a également été rapporté. “Ce que nous jugeons inadéquat pour une économie avec des besoins comme Madagascar”, poursuit-il.
L’enjeu des discussions futures repose donc sur la création de marges de manœuvre financières réelles, reprend-il. “L’idée centrale est d’accroître la mobilisation des revenus domestiques pour permettre une augmentation significative des enveloppes de dépenses publiques”, avance Constant Lonkeng Ngouana. Les programmes soutenus par le FMI donnent en tout cas cette marge-là au gouvernement, afin d’accroître le niveau des dépenses, de façon significative par rapport à l’année dernière.
Plusieurs risquent peuvent cependant venir compromettre ce redressement, dont notamment les impacts des tensions au Moyen Orient sur les prix pétroliers. Localement, le passage dévastateur du cyclone Gezani continue de peser sur l’économie. Le FMI préconise alors un partage équitable du fardeau entre les différents acteurs économiques pour protéger les plus vulnérables. Le gouvernement doit désormais affiner ses ajustements pour répondre à ces crises tout en restant aligné sur les objectifs de croissance, conclut Constant Lonkeng Ngouana.
