La seconde opération d’appui budgétaire de la Banque mondiale conditionnée par la poursuite des réformes

Antananarivo, 4 Mars, 11h05 – Des réformes à mener jusqu’au bout. C’est ce qui conditionnerait les deux prochaines opérations attendues de la Banque mondiale, visant à appuyer les politiques de développement (DPO) à Madagascar. Le Conseil d’administration de cette institution de Bretton Woods avait déjà approuvé un crédit de 100 millions de dollars pour une opération d’appui budgétaire au mois de juin de l’année dernière. Mais ce Conseil avait annoncé à l’époque qu’il s’agissait de la première d’une série programmatique de trois DPO.

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Jean-Pascal N. Nganou, économiste principal pour la Banque mondiale à Madagascar, avait apporté des éclaircissements sur le sujet, il y a quelques jours. Il a d’abord expliqué que l’institution qu’il représente appuie ses pays partenaires non seulement à travers les projets d’investissements mais aussi avec des aides budgétaires. « Ce qui vient avec ces appuis budgétaires, c’est l’accompagnement dans les réformes du gouvernement », a-t-il soutenu.

Le premier DPO de 2023, s’était appuyé sur deux piliers, dont le premier visait à renforcer la gouvernance et les cadres macro-budgétaires et le second devait contribuer à améliorer l’environnement propice aux investissements et à approfondir les réformes structurelles dans les secteurs d’infrastructure essentiels, notamment l’exploitation minière, l’énergie et la connectivité numérique.

Selon Jean-Pascal N. Nganou, il est question de poursuivre ces réformes. « L’idée était de commencer à mener une réforme et s’assurer que celle-ci aboutisse et donne les résultats escomptés », explique-t-il. Il prend l’exemple d’une des reformes menées dans le secteur extractif, à savoir la révision du code minier. L’adoption et la promulgation du code minier révisé avait été entrepris dans le cadre de la première opération.

Pour la seconde opération, il y aura, entre autres, les textes d’applications de cette loi qui doivent suivre. « Nous allons voir après, dans le cadre de la troisième opération, les autres éléments pour s’assurer que le code minier soit bien mis en œuvre », expose-t-il pour expliquer le principe de la Banque mondiale pour ses appuis budgétaires. Cet économiste principal de la Banque mondiale tenait par ailleurs à préciser que ces réformes sont du Gouvernement malgache. « Le rôle des bailleurs c’est d’accompagner ; et c’est ce que nous faisons », lance-t-il.

Jean-Pascal N. Nganou insiste qu’ « il faudrait une appropriation des reformes même si celle-ci peut prendre du temps ». Il estime que des retombées positives des reformes déjà entamées sont déjà visibles. Il parle entre autres de la concurrence dans le secteur des télécommunications ou encore l’engouement des entreprises minières qui aimeraient investir à Madagascar sous l’impulsion du nouveau code minier.

Par ailleurs, comme déjà expliqué par la Banque mondiale, son appui aux politiques de développement de Madagascar bénéficie d’une collaboration et d’une coordination étroites avec d’autres programmes de cette institution et des partenaires de développement, en particulier le Fonds monétaire international (FMI). Les mesures politiques et l’assistance technique fournies par le programme DPO, en particulier dans les domaines de la gouvernance, de la gestion macroéconomique et de l’énergie, complètent les réformes soutenues par le programme de Facilité élargie de crédit du FMI.