FINANCES – Un ralentissement des crédits bancaires constaté durant ces derniers mois

Antananarivo, 29 Novembre, 16h15 – Après une forte progression durant la première moitié de 2025 avec un pic à plus de 13% de croissance annuelle, les crédits bancaires montrent des signes de ralentissement au dernier trimestre selon la dernière décision de politique monétaire publiée par la Banky Foibe. Les données disponibles indiquent une décélération autour de 12%, alors que la demande de financement reste élevée dans les secteurs du commerce, de l’importation et de l’agroalimentaire.

Ce retournement intervient dans un contexte marqué par la mise en œuvre de nouvelles mesures fiscales, en particulier la TVA de 20% appliquée depuis juillet 2025 sur les intérêts des crédits bancaires, une mesure qui modifie profondément l’équation économique des investisseurs emprunteurs. Car rappelons-le, les crédits aux particuliers sont exemptés de cette taxe.

Selon les établissements financiers, cette TVA renchérit immédiatement le coût du financement des entreprises. Parallèlement, la préparation de la loi de finances 2026, qui vise à supprimer près de 290 milliards d’ariary d’allègements fiscaux, entretient un climat d’incertitude. L’extension de la retenue à la source sur la TVA au secteur privé pourrait également peser sur la trésorerie des sociétés déjà fragilisées, accentuant la prudence des banques dans l’octroi de nouveaux crédits.

Les premières conséquences se ressentent dans la dynamique économique. Une hausse du coût du crédit combinée à un climat fiscal plus strict tend à réduire les projets d’investissement et à ralentir la consommation durable. Les secteurs dépendant des financements bancaires, comme l’immobilier, le commerce importateur ou l’industrie légère, ajustent leurs plans de production ou repoussent leurs expansions prévues.

Dans ce contexte, certaines entreprises petites ou moyennes envergures commencent à privilégier les institutions de microfinance, dans le cas où ces institutions sont épargnées par la TVA sur les intérêts, ce qui crée un déséquilibre structurel entre les différents segments du marché du crédit.

À court terme, la contraction du crédit pourrait amplifier les pressions sur la croissance économique. Le mécanisme traditionnel d’accélérateur financier montre que la réduction des financements disponibles entraîne une baisse de la demande, un ralentissement de l’investissement et un risque de montée du chômage, en particulier dans les zones urbaines dépendantes des activités de services et d’importation.

À moyen terme, si cette tendance se confirme, l’économie pourrait entrer dans un cycle de fragilisation marqué par une baisse de productivité, un recul des marges d’entreprises et une détérioration du climat d’affaires. Un scénario d’autant plus préoccupant que la reprise économique reste encore fragile.