Impact budgétaire minime, une grogne maximale. La direction générale des Impôts (DGI) prévoit d’engranger une recette de 2 milliards d’ariary grâce à la mise en œuvre de la taxe sur les véhicules à moteur (TVM). Ce montant constitue 0,38% des 527 milliards d’ariary de l’impact total des mesures fiscales annoncées dans le projet de loi de finances rectificative de 2026.
Inscrite parmi les mesures administratives, cette taxe, supprimée en 2006 et rétablie par la loi de finances initiale de 2026, devait initialement être appliquée depuis le 31 janvier 2026. Mais cette échéance avait été repoussée au 15 juillet. L’annonce du nouveau deadline par l’administration fiscale suscite une grogne plus importante que lors de l’adoption de son rétablissement.
Face aux réactions et aux requêtes de l’opinion publique, une prorogation de ce délai de paiement jusqu’à la fin de l’année 2026 est d’ores et déjà envisagée, si l’on en croit le directeur de la législation fiscale auprès du ministère de l’Economie et des finances. Mais l’idée d’une suppression de la taxe fait déjà aussi son chemin, le président de l’Assemblée nationale Siteny Randrianasoloniaiko s’étant prononcé sur ce sujet sur sa page Facebook ce jeudi.
Pour la direction générale des impôts, le rétablissement de cette taxe repose davantage sur des impératifs environnementaux. Selon les explications de la direction générale des impôts qui s’est exprimée sur le sujet sur la chaîne de télévision publique mercredi soir, l’administration fiscale s’appuie directement sur le principe du « pollueur-payeur ». Celui-ci se traduit par une modulation de la fiscalité automobile visant à faire supporter le coût financier de la taxe aux propriétaires des véhicules les plus dommageables pour l’environnement.
La grille tarifaire de la TVM s’échelonne de 5 000 à 340 000 Ariary, indexée sur trois critères majeurs : la puissance fiscale, le type de carburant et la date de première immatriculation. Ce barème consacre un avantage net aux technologies vertes, affichant des prélèvements annuels allégés pour les véhicules électriques et hybrides récents de petit gabarit. À l’inverse, l’administration fiscale applique une logique de pénalisation forte sur les véhicules anciens, de forte cylindrée et motorisés au diesel, pour lesquels la charge devient particulièrement lourde.
La taxe sur les véhicules à moteur, qui se matérialisait autrefois par la fameuse vignette obligatoire apposée sur le pare-brise, n’est pas une création nouvelle, mais la résurrection d’un ancien dispositif. Ce prélèvement avait en effet été abrogé il y a tout juste vingt ans par la loi de finances 2006. À l’époque, le gouvernement avait justifié sa suppression par un objectif de “mise en cohérence du texte fiscal consécutivement à la réforme totale qui a été opérée sur le droit des affaires”.















