FISCALITÉ – Le secteur privé demande une baisse de la TVA sur la facture Jirama pour amortir l’augmentation tarifaire que vont subir les industriels et les professionnels avec l’Optima Business
Antananarivo, 6 Mai, 15h12 – Le secteur privé se bat pour que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur la facture globale de l’électricité de la Jirama qui est actuellement de 20% soit baissée à 5%. « C’est le seul outil financier qui nous permettrait de ne pas perdre notre compétitivité face à l’augmentation tarifaire de l’électricité que nous, professionnels et industriels, aurons à subir», soulève le président de la Commission infrastructures et utilities du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Johann Pless. Une révision de la fiscalité qu’il espèrent être prise dans la loi des Finances rectificative 2022.
« Le tarif de l’énergie est au cœur de notre compétitivité. Nous la perdrons si prix de l’énergie est élevé », explique le membre du GEM. il estime donc « important de trouver un ensemble de mesures qui permettent une hausse tarifaire mais qui ne compromettent pas cette compétitivité ». Johann Pless rappelle l’abaissement de la TVA qui a été entrepris pour le gaz. « Cette disposition devrait être prise pour l’électricité », soutient-il.
Le secteur privé qui avait discuté de l’optimisation tarifaire avec le ministre de l’Energie, et le Directeur général par intérim de la Jirama prévoit d’envoyer une lettre officielle au ministère de l’Economie et des finances (MEF) et au ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH) pour leur faire part de cette demande. Le principal argument sera cette compétitivité. Mais cette révision à la baisse de la TVA sur les factures d’électricité devrait également permettre aux entreprises d’éviter de passer à l’utilisation de charbon de bois ou à l’utilisation d’une énergie totalement carbonée.
Après une rencontre avec le secteur privé la semaine dernière, le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Andry Ramaroson, a déjà annoncé qu’une augmentation tarifaire va certainement s’appliquer avec l’application de l’Optima business, prévu être mise en œuvre d’ici deux mois. Il a néanmoins souligné que l’augmentation tarifaire ne signifie forcément pas une augmentation de la facture.
Les industriels rapportent avoir été encouragés à jouer sur l’efficacité énergétique, en produisant eux-mêmes l’énergie dont ils ont besoin pendant la journée avec des équipements solaires. Sur la problématique financière, le MEH serait entré en négociation avec la Banque africaine de développement (BAD) pour voir comment permettre aux entreprises de bénéficier de subventions pour acquérir ses équipements, avant l’augmentation tarifaire. Une éventuelle baisse de la prime fixe jugée excessivement élevée avait également été annoncée.