GESTION D’AIRE PROTÉGÉE – Difficile équilibre entre précarité financière et tensions communautaires au sein du Parc national d’Analamazaotra

Le Parc national d’Analamazaotra confronté à des défis financiers et sociaux. Alors que l’écotourisme s’impose comme un pilier économique majeur de la région, le site fait face à des contraintes financières persistantes et à des tensions avec certaines communautés riveraines. Autant de défis que le directeur du parc depuis 2024, Marco Raherison s’emploie à relever avec ses collaborateurs.

S’étendant sur 16 000 hectares, l’aire protégée est gérée par Madagascar National Parks (MNP), dont le financement repose en partie sur un système national de redistribution des recettes issues des droits d’entrée dans les 49 aires protégées du pays. Selon les responsables du parc, ce mécanisme ne permet toutefois pas de couvrir l’ensemble des besoins de fonctionnement et de conservation du site, qui dépend également de financements apportés par des fondations et des partenaires techniques et financiers.

Le parc emploie 41 agents permanents et travaille avec près de 95 guides touristiques indépendants. Malgré cette organisation, les ressources disponibles restent limitées au regard des missions de protection de la biodiversité et de gestion du territoire.

Les responsables du site soulignent également l’existence d’inégalités dans la répartition des retombées économiques du tourisme. A les entendre, la commune d’Andasibe concentre l’essentiel des activités générées par les visiteurs, tandis que les communes voisines bénéficient peu de ces revenus. Cette situation alimente des tensions avec certaines populations riveraines, notamment celles installées à l’intérieur des limites de l’aire protégée.

Pour faire face à ces difficultés, Madagascar National Parks met en œuvre des mesures d’accompagnement destinées aux habitants concernés, incluant des compensations financières dans le cadre de la résolution des litiges fonciers et de la relocalisation volontaire de certaines familles hors du périmètre protégé.

Parallèlement, le parc développe des programmes visant à réduire la pression sur les ressources forestières. Ces actions comprennent notamment l’appui à des activités agricoles, telles que l’aménagement de périmètres rizicoles et la promotion de cultures génératrices de revenus, ainsi que des initiatives d’éducation environnementale destinées aux communautés locales.

Selon les gestionnaires du parc, l’objectif est de renforcer l’adhésion des populations à la conservation tout en améliorant leurs conditions de vie.