Antananarivo, 18 Décembre, 17h35 – Madagascar fait partie des pays les plus exposés au blanchiment d’argent. C’est ce que révèle Basel AML Index 2025 publié par The Basel Institute on Governance, un institut rattaché à l’Université de Bâle Suisse. Tandis que le risque global recule légèrement, Madagascar se maintient dans une zone de vigilance préoccupante.
Classée 16e nation la plus exposée au monde sur 177 pays, la Grande Île affiche un score de 6,77 sur 10. Ce résultat place le pays parmi les juridictions à haut risque, loin derrière les leaders de la transparence financière comme la Finlande avec un score de 3,03 signifiant un moindre risque sur la question du blanchiment.
Malgré une dynamique régionale positive en Afrique subsaharienne, Madagascar peine à suivre cette tendance et reste ancré dans le peloton de tête des pays vulnérables.
Plusieurs facteurs expliquent ce classement difficile pour l’économie nationale. L’indice souligne principalement la persistance d’une économie largement informelle qui complique la traçabilité des flux financiers. Par ailleurs, la corruption et les trafics de ressources naturelles, notamment le bois de rose, demeurent des obstacles majeurs à l’assainissement du système d’après l’enquête.
Bien que les autorités malgaches aient renforcé le cadre législatif pour répondre aux standards internationaux, l’efficacité concrète des mesures sur le terrain est jugée insuffisante. Cette situation expose le pays à des sanctions économiques et freine l’investissement étranger nécessaire à son développement, alors que les voisins progressent. La réforme nationale s’annonce donc cruciale.
Face à ces défis, des institutions comme le Samifin jouent un rôle pivot dans la surveillance. Le service de renseignement financier tente de structurer la lutte contre le blanchiment malgré des moyens limités. Toutefois, le rapport 2025 note un contraste frappant avec d’autres pays d’Afrique subsaharienne, comme la Côte d’Ivoire, qui ont réussi à sortir de la zone rouge.
Pour Madagascar, toujours selon le rapport, l’enjeu des prochaines années sera de transformer les lois en actions concrètes et visibles. Une meilleure transparence budgétaire et une coopération accrue avec les organismes internationaux sont indispensables pour restaurer la confiance des marchés mondiaux.
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