Antananarivo, 9 Mars, 7h40 – Une exploration au point mort. Madagascar a vu le taux d’occupation de ses blocs pétroliers décroitre ces dernières années. Il est passé de 18 blocs occupés en 2018 à 10 en 2019 pour se retrouver à six en 2020. Un taux d’occupation divisé en trois en trois ans, selon le rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) Madagascar.
Pour cette organisation tripartite œuvrant pour la transparence dans le secteur minier, la suspension de la promotion pétrolière depuis 2019 a réduit la visibilité de Madagascar sur le marché. Ce qui a pour effet de limiter le développement du secteur pétrolier du pays, expose-t-elle. Et dans sa Politique générale (PGE), dernièrement présentée, aucune mention de la promotion du secteur pétrolier amont n’y est faite officiellement par l’Etat.
Madagascar, à travers l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omsnis), avait lancé en 2018 une campagne promotionnelle portant sur 44 blocs pétroliers offshore situés dans le bassin sédimentaire de Morondava. Par note ministérielle émise par le ministère des Mines et des ressources stratégiques, les activités relatives à la promotion de ces 44 blocs pétroliers avaient été suspendues jusqu’à nouvel ordre. Et l’initiative est resté sans suite jusqu’à ce jour.
L’Omnis ne manque cependant pas d’expliquer sur son site officiel le besoin d’investissements pour faire avancer Madagascar vers son objectif de devenir un pays producteur de pétrole. Bien que sous-explorés, les bassins sédimentaires de la Grande ile présentent une potentialité prouvée avec des découvertes effectuées dans des blocs onshore, lâche cet organisme public rattaché au ministère des Mines.
Le rapport de l’ITIE Madagascar indique que la Grande île dispose de cinq bassins sédimentaires, couvrant une superficie totale de 821 377 km2, dont 263 912km2 onshore et 557 456km2 offshore. Ces bassins sont sous explorés puisque 85 puits profonds à objectif d’huile légère, c’est-à-dire de pétrole conventionnel et de gaz, y ont été forés à ce jour, dont neuf en offshore et 75 en onshore. D’importants indices d’hydrocarbures ont été trouvés dans 65% des puits.
Pour le pétrole non-conventionnel, à savoir les grès bitumeux de Bemolanga et de l’huile lourde de Tsimiroro, 741 puits peu profonds ou sondages-carottés y ont été forés. Le gisement dans le bloc pétrolier 3104 de Tsimiroro, à lui seul est estimé à 1,47 milliards de barils.
Image par Raimond Castillo de Pixabay
