Le temps du fournisseur unique de carburants bientôt révolu. La question est au cœur de la nouvelle feuille de route énergétique du Gouvernement de la Refondation. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de psychose collective générée par l’état d’urgence énergétique actuel, la stratégie des autorités repose sur la diversification des sources d’approvisionnement en carburant afin de garantir des coûts à l’importation plus compétitifs. L’option a été soulevée par le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, lors de la présentation du Programme de mise en œuvre (PMO) de la Politique générale d’Etat pour la Refondation, à Tsimbazaza, lundi.
Jusqu’ici, les quatre distributeurs de produits pétroliers du pays privilégiaient un système d’achats groupés auprès d’un fournisseur unique, afin de limiter les coûts logistiques. Ce modèle se poursuit actuellement avec OQ Trading, chargé du sourcing pour l’ensemble du secteur. Mais les autorités envisagent désormais d’élargir leurs partenaires. La possibilité d’une coopération avec des opérateurs russes a d’ailleurs déjà été évoquée en février par le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko.
Pour le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), Tiana Rasamimanana, cette évolution est devenue nécessaire. “Face au conflit au Proche-Orient, nous devons identifier des solutions alternatives. La priorité est de sécuriser des approvisionnements compatibles avec le pouvoir d’achat”, explique-t-il. Selon lui, Madagascar doit renforcer sa résilience face à la hausse des prix du pétrole, alors que le pouvoir d’achat reste fragile. L’objectif est de réduire la dépendance extérieure en développant à la fois l’exploitation des gisements pétroliers et les énergies renouvelables.
L’autre disposition annoncée par le Premier ministre était justement l’intégration d’opérateurs destinés à l’exploitation des ressources locales. Il a notamment fait référence à un dossier dont les enjeux sont déjà familiers pour l’opinion publique, et sur lequel l’Etat entend mettre en œuvre un plan d’action accéléré. “L’objectif est d’assurer la disponibilité de produits pétroliers à moindre coût, favorisant ainsi une baisse structurelle du coût de la vie”, martèle-t-il.
