INSTITUTIONS – Le gouvernement dément avoir menacé le président du Sénat pour que celui-ci renonce aux fonctions du chef de l’Etat

Antananarivo, 10 octobre, 10h46 – Le gouvernement se défend et contre-attaque. Il réagit aux propos tenus par le président de la Chambre haute, sur les conditions, qui, selon lui, l’avait conduit à renoncer au poste de chef d’Etat par intérim. « Le gouvernement collégial (…) condamne de toute ses forces le mensonge de Monsieur Herimanana Razafimahefa, président du Sénat », indique le communiqué du gouvernement, publié sur la page Facebook du Bureau du Premier ministre, mardi matin.

Le communiqué « précise qu’il n’y a jamais eu de membres du gouvernement l’ayant menacé, d’une manière directe ou indirecte, concernant sa prise de fonctions en tant que chef d’Etat par intérim ». «Il est difficile de croire les propos tenus après des déclarations contraires il y a un mois de cela», soutient le gouvernement. Celui-ci rappelle la lettre adressée par le président de la Chambre haute à la Haute cour constitutionnelle (HCC) et l’enregistrement vidéo « sur la renonciation volontaire » de ce dernier à assumer les fonctions du chef de l’Etat par intérim en mars.

L’Exécutif adopte ensuite un ton plus offensif. «La déclaration, volontairement réalisée la veille de l’ouverture de la campagne électorale pour la présidentielle signifie un détournement de l’opinion à se concentrer sur la propagande », dénonce le gouvernement.

Le gouvernement collégial revient à la charge pour défendre le processus électoral en cours. Il « rejette d’une manière catégorique toutes les initiatives lancées par certains hommes politiques pour ne pas aller à l’élection ». « Il n’y a aucune autre voie prévue par la Constitution à part l’élection », martèle-t-il.

Herimanana Razafimahefa avait indiqué avoir «reçu des pressions venant justement du gouvernement qui est devenu collégial, qui prend le rôle du chef d’Etat par intérim », dans une interview accordée à France 24, diffusée lundi soir. « Ca [pression] venait de plusieurs personnes et c’était surtout quelques membres de ce gouvernement », raconte-t-il.

La veille, le président de la Chambre haute avait distillé quelques déclarations sur sa volonté d’assumer les fonctions du chef de l’Etat par intérim en cas de candidature du président en exercice. « Mais les choses se sont passées d’une manière différente pour des raisons qui ne dépendaient pas de moi », lâche-t-il. Sa lettre de renonciation avait conduit la HCC à transférer les pouvoirs du chef de l’Etat par intérim au gouvernement qui dirige le pays de manière collégiale.